Enroulée dans la soie

 

Quand je pense au Cambodge, c’est d’abord avec une nostalgie particulière. La nostalgie d’un pays dans lequel je n’ai pas réussi à entrer sur le coup et qui m’a laissé des regrets infinis à peine repartie. Je n’y suis pas encore retournée. J’y pense souvent. Je me rappelle l’odeur, la moiteur, les pièces de soie qu’on s’enroule autour de la tête pour ressembler à une femme croisée dans les rizières. L’Ile aux Lapins.

Quand je pense au Cambodge, une image me vient spontanément à l’esprit: je vois une tisserande assise par terre, affairée à sa pièce de soie. Comme un flash de couleur fluo sous l’ombre de la cabane à pilotis. J’aperçois une poule qui passe sous la trame tendue, la navette glisse avec un bruit de tchac, tchac, son enfant dort dans un panier à côté. J’aurais passé des heures à regarder la toile se faire doucement.

 

 

Il se trouve que Magali, mon amie de coeur, est partie là-bas pour dessiner une collection de soieries en partenariat avec les Artisans d’Angkor.  D’abord imaginée à Paris sous forme de gammes de couleurs (Magali est coloriste, ça aide), de motifs aux entrelacs merveilleux (elle est designer textile aussi),  de dessins de silhouettes, de robes, de chemises, de pantalons, la collection a ensuite été élaborée au Cambodge. Les artisans ont teint les écheveaux, tissé les pièces de soie à la main, imprimé les motifs, coupé le tissu, cousu pour transformer la soie  en vêtement. Le résultat est simple, les couleurs nucléaires, les matières extrêmement fines.

 

 

Je vous montre:

 

 

 

Sans oublier quelques éléments de déco :

 

Retrouvez Magali sur son blog: Ici et ailleurs, ses reportages autour du monde pour Ô Feminin, sa quête autour du textile avec des rencontres et des images sur-esthétiques pour Tissus et Artisans du Monde.

Pour en savoir plus sur Artisans d’Angkor .

C’est une collection qui me touche beaucoup: d’une part, parce que c’est celle de Magali, d’autre part parce que j’ai un petit côté idéaliste et donc j’adhère complètement à cette manière de mettre en avant le travail des artisans.  N’hésitez pas à en parler car c’est un projet qui véhicule de belles valeurs.

 

 

 

Loose-Control chez Gaspard Yurkievich

Hey you!

J’ai failli commencer mon article en anglais, et puis je me suis rappelée qu’en fait je parle français.

Donc en français: en septembre, à un moment ou j’observais différents spots mode pour un article à venir, je me suis invitée au show-room de Gaspard Yurkievich pour découvrir sa collection 2013. Disons qu’il m’a très gentiment conviée à venir. Il a même pris le temps de s’occuper bien de moi, de m’expliquer en détail l’esprit de la collection, le travail sur les textiles (pointu et exigeant comme j’aime) avec des soies plongées, des transparences, des broderies… les chaussures conçues comme un prolongement de la sihouette, complètement assorties aux broderies des vêtements.

 

Le côté loose-chic de cette collection m’a complètement décérébrée. Il suffit que je regarde à nouveau les photos pour perdre tout sens logique et toute maturité. Je ne connecte plus rien à part que je veux faire la diva, pieds nus, dans cette robe noire, à marcher les mains dans les poches sur une plage au clair de lune (oui il y a une plage dans mon accès de démence).

 

En fait ça paraît tellement simple d’être sublime dans ces robes aussi rapides à enfiler qu’une nuisette (une demie seconde d’enfilage maximum), avec des poches à l’avant pour se donner une allure détachée, et suffisament de flou artistique autour de la taille et des hanches pour paraître infiniment bien roulée.

 

 

Les proportions décalées m’ont bien plu aussi: un peu trop court par-ci, trop large par-là, un peu ça glisse sur l’épaule, mais seulement si j’ai envie, un peu c’est opaque par-ci, transparent par-là. Vous savez il y a des filles qui sont pros à ce jeu-là: faire parler les fringues. Moi je n’ai jamais su faire, simplement, là c’est le vêtement qui le fait à ma place. Et vous imaginez quoi?

Que je suis repartie sans aucune robe… la loose internationale.

Yours!

E.