Paule Ka, néo-BCBG

« Bon Chic, Bon Genre »… BCBG, comme CPCH (Collier de Perles, Carré Hermès), voici deux acronymes qui me sont familiers, inscrits dans mon ADN ou plutôt transmis avec les codes d’une petite bourgeoisie de province à la Claude Chabrol.

J’aimerais avoir été une adolescente rebelle, punk, grunge, avoir eu les cheveux délavés malabar et des Dr Martens en lieu et place de ma coque glissée sous un serre-tête velours et mes précieux mocassins Weston… Pourtant… j’ai beau m’imaginer aller au concert des Pixies en veste treillis du surplus militaire Doursoux dissimulant des canettes de bière, je dois avouer que ma réalité était celle d’une jeune fille (pas si) sage, 501 de son amoureux sur les fesses, chemisier liberty Cacharel, qui dessine le bustier d’une robe cousue par mamie pour aller danser le rock cassé à une soirée Rallye de seconde zone, en exhalant des volutes de fumée mentholée…

J’ai souri en découvrant que mon look BCBG de lycéenne revenait ces dernières années en force, sous l’adjectif tellement plus cool de « preppy » 😉

Alors je me suis demandé ce qu’était devenu le Bon Chic Bon Genre. Où les jeunes filles bourgeoises d’aujourd’hui (et leurs mamans classouilles) s’habillent-elles ? Chez Comptoir des Coto (au secours) ?

Chez Zara et H&M, comme tout le monde !

OK. Mais quelle inspiration les guide ? à quoi ressemblent leurs rêves ?

C’est à l’envers que je vais vous parler d’une collection qui me semble correspondre (presque) en tous points à ce que serait aujourd’hui la quintessence de cette élégance intergénérationnelle bourgeoise… et qui me réconcilie un brin avec mon passé, alliant sagesse pas trop ostentatoire de la petite ville et mode parisienne… y ajoutant même une pincée de glamour hollywoodien.

Je l’ai trouvée en janvier dans une vitrine de la rue Saint-Honoré, celle de Paule Ka, qui nous offre un aperçu du soleil printanier dans la rudesse de l’hiver.

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Les noeuds sur les sacs, plissés soyeux, petits talons… tout ce que je voyais résonnait en moi d’une voix étrange et pénétrante.

Après quelques recherches, je me suis aperçue que ni moi ni mes comparses, ni même Catherine Deneuve Belle de Jour, n’étions les muses de ces savants aplats de couleurs, pastels jaune orange ou menthe à l’eau, jupes longueur genou et chemises boutonnées jusqu’au col.

Vous lirez en page 2 la présentation officielle si cela vous intéresse… vous y retrouverez le subtil mélange de Jackie Onassis et Bree Van de Kamp, un pont entre l’Amérique et l’Europe, une collection pour Grace Kelly, ce qui est très bien aussi !!!

D’ailleurs les visuels tout frais de la campagne publicitaire :

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ainsi que les images découvertes dans la vidéo du making-of

PAULE KA – Spring Summer 2013 advertising campaign Behind The Scene.

Model : Hilary Rhoda. Photographer : Venetia Scott

Soundtrack by Emilie Simon – « I call it love »

évoquent bien une Upper Class américaine en villégiature à Palm Springs plutôt que le Rotary Club niortais !

Mais les lieux, les époques, les héroïnes se mélangent dans mon esprit brumeux…

Continuons donc de remonter dans le temps, à l’origine de ce billet rétro-actif : bien avant ça, il y a quelques mois, Paule Ka et son créateur Serge Cajfinger m’avaient envoyé un joli carton pour assister à la présentation de ces silhouettes en pleine Fashion Week.

Si vous saviez comme j’ai regretté de n’avoir pu aller ce jour dans l’hôtel particulier qui abrite le siège de la marque et la boutique Paule Ka des vitrines sus-mentionnées, Rue Saint-Honoré (encore, toujours, je sais…) !

Parce que là se trouvait, bien mieux qu’un défilé, presque comme dans un Musée Grévin aux figurines de chair et d’os, une habile mise en scène, un décor mouvant, un plateau à la Cinecittà.

On pouvait se promener au milieu de ces filles sublimes, regarder l’ourlet de leur robe, zoomer sur leur sac à main d’osier, avoir l’étrange sensation d’être propulsée dans un monde mêlant si subtilement nostalgie des 50’s, brushings choucroutes brillants, perfection des lignes, petits noeuds aussi sages que malicieux, imprimés sauvages apprivoisés, élégance intemporelle, romantisme des yeux de biches de jeunes filles farouches et sagesse austère du chemisier bien boutonné de Madame… parisianisé en diable par les plumes folles d’un jupon qui dépassent et chatouillent le genou.

Heureusement, nous en avons quelques images que voilà :

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NB : en page 2, tous les looks officiels de la collection.

Tout ceci sera un peu fouillis et je ne suis pas sûre du tout que votre rêve recoupe le mien…

Cependant, si j’ai consacré ce long billet à Paule Ka, c’est que j’ai le sentiment intime que cette collection très aboutie va éveiller quelque chose, de doux ou d’inquiétant, dans votre inconscient, vous raconter une histoire bien particulière que je brûle de connaître.

Et puis je les aime ces silhouettes, elles me rassurent et subliment les froufrous soyeux rose bonbon de mes 18 ans…

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La question qui subsiste et réfutera ou pas ma théorie, je la laisse en suspens : qu’en pensera maman ?

Anne

Boutique Paule Ka Saint-Honoré

223 rue Saint-Honoré

75001 Paris

Tel : 01 42 97 57 06

Le site officiel de Paule Ka

POURSUIVRE : tous les looks et la note d’inspiration en page 2

Un autre point de vue intéressant : Stelda et sa vision du BCBG

8 réflexions sur “Paule Ka, néo-BCBG

  1. Oh, mais si, ça recoupe totalement ma vision!! Paule Ka, c’est une longue histoire d’amour que je racontais ici : http://stelda.blogspot.fr/2011/11/paule-ka-et-moi.html.

    Et c’est très drôle, parce qu’en lisant le début de ton article, je pensais à la question d’Apodioxe sur des tenues classiques et féminines et je me disais « Paule Ka, c’est tout à fait ça! ». Et voilà ton clin d’oeil en fin de post! Merci ;-). J’avais été hyper déçue par la collection de l’été dernier, je trouvais qu’elle n’était pas du tout en lien avec l’image de la femme Paule Ka et je suis contente, contente, contente qu’elle revienne « à ses fondamentaux » comme dirait l’Officiel :D.

    J’ai hâte de lire votre compte-rendu de la soirée du 24, c’était sûrement merveilleux.

    • Anne dit :

      Merci pour ces archives édifiantes, Stelda.

      C’était fabuleux, le vernissage, et je trie les images, mais on vous raconte très vite, croquis à l’appui…

  2. MrsB dit :

    Itou, ma chère Anne je suis née dans une maison bien Baisse-Beige, les jupes comme ci les cardigans comme ça, les chemisiers Cacharel, les mocassins, les manteaux de tortues (Loden Vert) les trucs en v’lours, les jupes qui tournent en soie ou en tissu écossais brillant qui crisse quand on s’ affale avec grâââce dans la bergère (bonne copie) d’époque de la Mère (Une Sainte) qui s’est dévouée (enfin surtout son personnel : des Perles) pour organiser « le  » que dis-je THE Rallye destiné à présenter des mioches qui de toute façon se connaissent depuis la maternelle à Sainte Ursule au pire depuis Notre Dame en passant par le cours de tennis et en revenant de Lorraine et d’ Alsace où des cousins l’ont encore (Le châtiau); le nombre de pucelages perdus entre les petits fours et une heure du matin sur le sofa du petit salon doit être considérable.

    N’empêche j’en ris encore mais je trouve -par exemple- les twin set très pratiques un coup de chaud un coup de froid, faut juste éviter de l’assortir d’une jupe plissée, et du rang de perle+carré H tournicoté comme ça va bien. Un grand foulard chiné sur un marché avec des couleurs qui pètent et oubliez-moi ce twin set de Bonne Maman. En réalité les BCBG existent encore, j’en croise lors de mes visites dans la bonne ville, elles ont entre 65 et 90 ans et se portent comme des charmes, sous les lambris le temps est plus clément, et Dieu seul sait où elles trouvent leurs atours immobiles et pourtant neufs. Ma génération suit la mode, les filles se sont encanaillée le popotin dans des jeans taille basse, certaines se sont même cisaillé le fondement avec des culottes en ficelle de luxe, d’autres ce sont ‘enrock’n rollées d’un Zonblou en cuir comme les motards mais en moins…technique donc plus…chic -quoique- d’autres encore se sont bohémian-rhapsodisée dans des robes qui pendouillent avec élégance, et puis il y a eu celles qui se déhanchent sur des talons de douze au nom évocateur de Pigalle, ou courent après leur quatre mioches dans les parcs avec leurs sneakers compensées IM.

    Mais tout ça c’était avant le goût du nouveau BCBG du preppy oh c’est tellement rigolo ce mot je le redis Preppy; preppy preppy my darling … Bref, tout ça c’était avant Paule Ka, un peu Nouvelle Angleterre pour ma bonne ville.

    • Anne dit :

      Comment répondre à pareil commentaire ?

      Il est meilleur que l’article, je voudrais carrément le publier…

      Mrs B, s’il ne devait me rester qu’une lectrice, j’aimerais que ce soit toi.

      Là, c’est dit !

      Je t’embrasse

      Anne

      PS : toi aussi tu l’as perdue sur un petit sofa dans un petit salon ??? Je n’y crois pas 😉

    • MrsB dit :

      Réponse PS Chut je ne dirais rien sans la présence de mon avocat encore qu’il doit y avoir prescription la réponse est donc non mais j’ai beaucoup de garçons dans ma famille qui aiment se souvenir du temps de l’insouciance et racontent les sofas.

      Ceci dit dans ces années là le bcbg était une allure mode souvenons-nous de la fameuse veste en lainage Saint James avec la rangée d’affreux boutons dorés… et ses imitations glups

    • Anne dit :

      Oh Mon Dieu ! Cette veste… je me la rappelle très bien !!!

      Maintenant que tu le dis, il me semble que Sonia Rykiel, dans sa collection capsule pour H&M l’avait revisitée, version blazer à écusson ET boutons dorés ! Rien ne se perd jamais vraiment tu vois 😉

      « raconter les sofa »… j’en souris de bonheur.

    • Anne dit :

      Oh moi aussi ils m’ont fait vibrer de désir, ces petits noeuds pas si sages… ce sac version croco ou osier, avec jean et converse… hummm…

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