Peut on sortir vivant d’un fashion marathon? # Partie 2

Pour survivre et s’amuser, rien de mieux que dessiner sur un Nipad. Voici quelques croquis de looks intéressants réalisés à la volée entre Londres, Milan et Paris.

Les coiffures pour se donner un genre London.

La panoplie pour se donner un genre London.

Scary Bloggers: à Londres c’était particulièrement vrai. )

pretty pretty

La robe châle… sublime

 

 

Julia Sarr Jamois, pas mal comme nana.

Si vous en voulez d’autres, allez voir les dessins que j’ai réalisés pour le Huffington Post ICI.

Peut on sortir vivant d’un fashion marathon?

 

En septembre, j’ai embarqué mon petit mawi adoré aux fashion-weeks de Londres, puis Milan, puis Paris. Je ne sais pas s’il a adoré (au bout d’un moment les fashion-week ça doit saoûler un garçon presque normalement constitué). Une chose est sûre: ça nous a tués, après trois weekends à courir à prendre un vol, puis un autre, puis un autre, puis en rater un, courir, parler anglais avec dix accents différents, prendre les invitations, changer de fringues, re-changer de fringues, mourir à l’arrivée.

Marianne Paul est-ce toi?

 Récapitulatif en dix points aux questions de Grégoire (juriste, bientôt docteur es-style).

I. La Fashion-Week pour quoi faire?

Au départ les défilés étaient organisés en début de saison par les maisons de coutures pour présenter leurs modèles à la presse et aux clientes. Maintenant le système est devenu beaucoup plus blockbuster avec des centaines et des centaines de marques par capitales. Une fashion-week permet de condenser tous les défilés de créateurs sur une semaine millimétrée pour que les rédactrices et les acheteurs du monde entier puissent tout voir d’un seul bloc. En ce moment il y a quatre pôles bien ciblés, dans l’ordre: New-York, Londres, Milan et Paris. Donc, le jeu, c’est de faire un grand marathon pendant un mois avec une semaine pour chaque ville.

 

II. Y va-t-on pour voir ou pour être vu?

Les deux mon général. La faune est tellement lookée que c’est une hallucination de chaque instant. J’y vais comme au spectacle. Je prend un ticket pour la fashion-week comme je prendrais un billet pour l’Opéra. D’ailleurs je ne suis pas la seule, nombre de gens sont là à faire un sitting toute la journée pour voir comment les gens sont habillés et pour photographier les meilleures tenues. Nombre de gens sont également là pour faire le pied de grue toute la journée en espérant se faire prendre en photo. Le sport en vogue c’est: je te shoote – tu me shootes. Officiellement ça s’appelle du Street Style. Si à la fin de la journée vous n’avez été photographié par personne, la honte vous coule dans le dos: ça veut dire que vous êtes-habillé-comme-un-va-nu-pieds. Mettez votre bonnet d’âne, retournez à la case départ.

 

 

 

 

 

III. Peut-on être agoraphobe et y aller quand-même?

C’est à vous de voir. Je vous conseille l’entrée des défilés si vous voulez vous sentir étouffé.  Et pour Paris, je vous recommande le Street Style dans le jardin des Tuileries, l’ambiance est plutôt opressante. Chacun guette, lorqu’une proie bien sapée sort de l’arène, c’est la chasse. La fille a une grappe de photographe collée aux basques qui lui courent sur les talons, ça fait des petits cris, des bruits de pas précipités dans le sable. Tout le monde se retourne pour tenter d’en attraper un morceau. Moi, ça me terrifie, je ne suis pas agroraphobe, mais j’ai comme une sensation lourde. Le mieux, c’est de faire les petits défilés qui n’intéressent pas grand monde, on peut avoir des révalations sublimes, et l’atmosphère est calme et lumineuse comme un matin de printemps.

 

 

 

IV. Le port des lunettes est-il obligatoire?

Tout dépend des lunettes.

– Soit tu as un modèle rarissime et tu viens pour faire la star.

– Soit tu as le modèle dans le coup et tu es bien intégré à la masse (cette année c’étaient les lunettes miroir).

– Soit tu as des lunettes nulles, dans ce cas tu vas te cacher.

– Soit tu as décidé d’avoir des lunettes nulles, parceque TELLEMENT DE MONDE met des lunettes géniales que du coup les lunettes géniales en deviennent nulles. Là tu es au sommet: avec tes lunettes nulles, tu as démodé tout le monde dans la seconde.

 

 

 

V. Existe t’il une Fashion Week pirate, underground et contestataire?

Ahahah, excellente question. La Fashion Week passe pour contestataire (tu comprends on est censé voir ce qui va démâter la mode précedente à chaque saison). En fait c’est un truc très  officiel et codé. Même les jeunes créateurs rêvent de s’intégrer au processus. Parfois il y a des défilés étonnants (dans un bar, dans un métro etc…), mais ça reste marginal et sans beaucoup d’effet. Pour moi le vrai truc pirate, c’est le défilé de la Relève de la garde. Je plaisante, mais pas tant que ça. Ce qui est intéressant, ce sont tous les bloggers qui restent en marge des défilés. La plupart sont des amateurs (donc pas légitimes) qui viennent prendre des photos et donner leur avis. La révolution c’est qu’ils ont parfois autant de visibilité qu’un magazine grand tirage: la plèbe des amateurs déboulonne le trône des professionnels. Et de chaque côté il y en a qui parviennent à tirer leur épingle du jeu. Comme Ana dello Russo passée du statut de rédactrice au statut d’Icône de Mode en partie grâce aux bloggers (Ana, c’est une sorte de Philippe-Égalité) et Garance Doré une bloggeuse française qui a réussi à s’intégrer au milieu avec succès, mais non sans efforts.

 

 

VI. Le simple contact avec le Pape de la mode permet  t-il de guérir miraculeusement du mauvais goût (et de la banalité)?

Pour l’avoir vécu, non. A l’époque c’était John Galliano le Pape. Et malgré sa grande gentillesse, il ne m’a guérie de rien du tout. J’avais très bon goût avant, j’avais toujours bon goût après, ahah! Quant à la banalité, mmh c’est une question de point de vue, on peut avoir la sensation que l’aura du Pape de la mode a déteint sur la nôtre, dans ce cas, on n’en peut plus, on se croit devenu subitement intéressant.

VII. Comment assister à un défilé sans y être invité?

Eh bien, vous allez discuter avec le cerbère en costume sombre à l’entrée, avant l’arrivée du gros des invités, comme ça il est encore détendu. Vous le suppliez pour une place même debout, même tout au fond derrière, là où on ne voit rien, et s’il est bien luné (et que vous êtes bien habillé, on y revient toujours), ça marche. Après, les chances sont d’autant plus réduites que le défilé est important.

 

 

 

VIII. Comment regarde-t-on les gens après une FW?

On les trouve normaux. Mais tellement normaux qu’on doit se pincer pour y croire. Mais ça existe les gens qui n’ont pas les cheveux roses? Qui n’ont pas de chemises en plastique transparent? Qui n’ont pas les oreilles à la place du nez?

 

 

 

IX. Quelles relations avec sa propre garde-robe après une FW?

Difficiles. Houleuses même. Mélange d’envies révolutionnaires, de frustrations et d’inventions plus ou moins heureuses pour obtenir un effet ultra-contemporain à partir d’un assemblage de vos vieilles frusques.

 

 

 

X. Un adjectif qui te vient à l’esprit pour chaque  Mecque de la mode: P, L, M, NYC

Londres: Ludique

Paris: vénérable

Milan: glamour

New York: constructiviste

Voici pour une fois quelques photos de mes tenues, street stylées ou pas (bonnet d’âne).

 

pour le street style officiel de la Fashion Week de Londres 

Discussion au bord de la Tamise.

Pour aller dîner à Milan

Vue par Marianne Paul à la sortie du défilé Martin Grant. Paris

Mes croquis de fashion-week seront publiés dans le prochain article.

Serge Lutens – Nécessaire de Beauté

Aujourd’hui, je vous emmène dans un endroit très très chic… beau, mystérieux, fascinant. Ce n’est pas la première fois que nous allons par là, mais chaque visite est une redécouverte et un plaisir.

Pour ceux qui n’ont pas lu le titre et mes précédents récits (liens en bas), voici quelques indices : c’était au crépuscule des Dieux et les lumières venaient de s’allumer sous les arcades, pales lueurs encore sous le soleil d’une fin d’après-midi d’automne, elles attendaient la nuit pour rendre l’endroit féérique. Lire la suite