Serge Lutens – Nécessaire de Beauté

Aujourd’hui, je vous emmène dans un endroit très très chic… beau, mystérieux, fascinant. Ce n’est pas la première fois que nous allons par là, mais chaque visite est une redécouverte et un plaisir.

Pour ceux qui n’ont pas lu le titre et mes précédents récits (liens en bas), voici quelques indices : c’était au crépuscule des Dieux et les lumières venaient de s’allumer sous les arcades, pales lueurs encore sous le soleil d’une fin d’après-midi d’automne, elles attendaient la nuit pour rendre l’endroit féérique.

Les pointes dorées des grilles semblaient désigner le firmament comme décor de notre aventure. Une fois franchis ces barreaux noirs, tout pouvait arriver…

J’osai donc m’y engouffrer et suivis les vitrines colorées : Stella, Jérôme… enfin mon but, les salons du Palais Royal de Monsieur Serge Lutens.

Avant d’entrer, j’ai pris quelques photos des vitrines, histoire de faire durer l’attente et monter le désir, sorte de préliminaires…

Elles m’annonçaient une douche froide mais je n’y pris pas garde et décidai que les glaçons suggéraient plus la peau dorée de Kim Basinger… Un frisson me parcourut l’échine à cette pensée. J’étais prête.

Entrouverte, la porte laissait apparaître deux grooms en habit rouge, aussi accueillants que le reste de l’équipe, qui me connaît maintenant et me fait des sourires complices… ce qui me comble de joie et de fierté.

Comme si c’était la première fois cependant, je suis intimidée et il me faut un moment pour m’accoutumer au luxe ambiant, à la profusion de symboles jusqu’au plafond.

L’envie d’aller renifler Bas de Soie ou Tubéreuse Criminelle à l’un des comptoirs me chatouille les narines…

Pourtant, très vite, je me souviens pourquoi je suis ici et m’en réjouis. C’est le maquillage de Serge Lutens dont je vais vous parler aujourd’hui.

De sobres coffrets aux contenus mystérieux s’offrent déjà à ma vue et piquent ma curiosité…

Je triche un peu : je regarde de plus près la palette, en attendant de monter le grand escalier central en colimaçon que vous ne pouvez pas avoir oublié.

A l’étage, dans la salle secrète qui me rappellera toujours cette parenthèse enchantée que fut ma rencontre avec le maître des lieux, je retrouve la table des 7 nains et les minuscules chaises… L’ascète y a ajouté des coussins de cuir, c’est presque trop mais mon séant vous en remercie !

Nous prenons place et tout s’accélère. Dans l’heure qui va suivre, nous aurons découvert « Une Voix Noire », hymne olfactif à Billie Holiday, admiré les merveilleux flacons gravés pour collectionneurs fortunés, nous serons enivrés des effluves mêlées sur petits cartons, aurons perdu la tête et la notion du temps.

Mais surtout, nous aurons entendu l’histoire de Monsieur Lutens, qui créa la première ligne de maquillage pour Dior, eut une vie de coiffeur, une autre de cinéaste, de la passion pour l’écriture… un maquilleur, un parfumeur, un homme, à qui la Beauté est familière, un touche-à-tout doué pour tout.

Alors quand il décida de lancer du maquillage sous son nom, on pouvait s’attendre à quelque chose de spécial…

Il regroupe une palette qui s’étoffe sous le nom désuet et charmant de « Nécessaire de Beauté », l’idée étant de ne pas proposer mille choses ou des couleurs saisonnières, mais des classiques, de l’intemporel, ce dont toute femme a besoin, de l’indispensable… version luxe.

Les boitiers sont sobres, laqués, les produits frisent la perfection et leurs prix l’indécence.

Moi je crois, dur comme fer, que l’ivresse dépend du flacon, que la qualité est liée au prix, que si Serge Lutens nous vend des lèvres en boîte, des cils cellophane, du teint si fin et des fards à paupières « Quatre couleurs disposées en clavier, aux textures fines, translucides. Ombres et lumières par trois applicateurs, du très précis à l’extrême estompe. », il faut lui faire confiance. C’est un artiste et il maîtrise son sujet.

J’ai testé, j’ai adoré. Le mascara est mon coup de coeur. Un absolu de perfection.

Alors oui, ce luxueux Nécessaire peut sembler superflu, mais il représente la quintessence du maquillage, il en est la crème caviar. Je ne vous dis pas de l’adopter tous les jours, je vous suggère seulement de l’essayer, une fois dans votre vie, comme on déguste un premier grand cru classé, vous envelopper le regard de cellophane pour faire une oeillade de biche aux abois et regarder les hommes tomber…

A ceux qui voulaient survivre en parfumerie pour Noël, je propose d’offrir cette année un rouge, juste un, qui tient dans la main et toute la journée. LE rouge.

J’ai quitté les salons sur la pointe des pieds, à reculons, comme on sort d’un lieu sacré.

Une fois la porte refermée, dans la nuit cette fois, glaciale, j’emportais pour me réchauffer, un cadeau enchanté : lèvres en boite, dont voici le communiqué.

Quand la poésie s’ajoute au baume…

Après la Haute-Parfumerie, nous voilà dans le Haut-Maquillage.

(Inutile de vous préciser qu’avec mes deux mains gauches, je ne suis pas encore prête à réussir un regard smoky ou même une bouche bien encrée, mais je rêve qu’un jour un maquilleur, armé de ces merveilles, me photoshope IRL !)

En attendant, rêvez et profitez-en pour visiter les sites de mes compagnes du jour, Melissa et Nath.

Anne

Liens :

Le site de Serge Lutens

La boutique en ligne

A lire et relire : l’interview de Monsieur Serge Lutens, la découverte de l’écrin des Salons du Palais Royal, ses réponses à notre questionnaire, puis quelques parfums mis en mots : De Profundis, Vitriol d’Oeillet, Bas de Soie, Boxeuses, Jeux de Peau

Ou bien tout cela réuni sous son nom : Serge Lutens

11 réflexions sur “Serge Lutens – Nécessaire de Beauté

  1. Chris dit :

    bonjour Anne. Oserai-je un jour pousser la porte de ce lieu ? Je ne le sais. Mais à chaque récit, tu m’en donnes envie par tes mots enchanteurs !

    • Anne dit :

      Tu sais quoi ? Le jour où tu passes par là, envoie moi un message et je t’accompagne ! A deux on est plus fortes…

  2. Fanny dit :

    Que c’est beau !

    Mais je m’y sentirais toute petite, et sûrement pas dans mon élément, il doit falloir être à la hauteur des lieux..

    • Anne dit :

      Oui c’est beau, mais faut pas être si intimidée… faut juste accepter l’idée qu’on est toute petite, un peu comme dans un musée, et foncer !

  3. Hello!!! Merci pour le lien! Et tes photos sont vraiment vraiment VRAIMENT superbes!!!!! Des jolies invitations à la rêverie!!!

    • Anne dit :

      Merci Melissa !!! Ton article est top aussi… C’était super de te rencontrer. Et le rouge pourpré t’allait si bien 😉

    • Anne dit :

      Oui… mais encore faut-il avoir la main légère et habile parce qu’on peut se maquiller comme un camion volé, même avec ces produits 😉

  4. Oui mais si je lis ça, je ne pourrais plus jamais entrer au Galeries Lafayettes. Rien que pour les mascaras qui me semblerons plus apparentés à du thon en boîte qu’à un caviar glacé. Quand je vois ces couleurs, j’ai envie de faire de la peinture. De la peinture sur un visage même, pourquoi pas. Laisser reposer. Mettre sous verre, la couleur quasi en état de pigment tellement les teintes sont hypnotiques.

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