Le jeune Homme accompli

 

C’est un truc super important ça en ce moment:  le Jeune Homme Accompli. Pour plus de rapidité, nous l’appelerons JHA.

JHA donc, je l’ai repéré chez Carven. Il posait aimablement en pull de montagne et pantalon trop court, attendant ses brillantes appréciations avant de passer son bac à 14 ans.

L’année prochaine il intègrera Ulm pour devenir chercheur.

Sa Maman lui confectionnera une belle veste assortie à ses pulls pour être chic à Paris.

Dans trois ans ce sera la guerre, il entrera en résistance

avant de devenir Ministre de la Santé Publique.

 

Vous savez JHA, je l’aime bien. Parcequ’il est gentil. Sérieux. Et si sa Maman a bon goût, il peut-être réellement bien habillé. J’ai juste un doute sur la longueur de l’ourlet. Sa Maman n’imagine pas qu’il puisse grandir.

L’intégrale du défilé Carven 

Vous ne trouvez pas qu’il ressemble au héros de Brazil en version française vous? :   Moving Desk_ Brazil

 

Petit Prince des rues

 

Dans la liste des défilés Homme sur lesquels il y avait une forte pression, Heidi Slimane pour Saint Laurent arrivait en tête. Il avait modifié le paysage masculin moderne avec le coup d’envoi d’une silhouette rock et slim chez Dior il y a dix ans (ou presque). Tout le monde attendait de voir si sa période de retraite lui avait coupé les ailes ou non. Moi aussi j’attendais de savoir.

Donc à la fois ce défilé m’a paru assez classique: slims, un peu de noir, des blazers, des cheveux longs et d’immenses écharpes. Ok. En revanche j’ai été travaillée par la vision de jeunes princes déchus, traînant leurs cape, leur guêtres et leurs slims sur le pavé. Mal en point, tête haute. Quelque chose de théatral, de fier, triste (d’où peut-être le choix spécial de mannequins anorexiques). Des enfants grandis trop vite, toujours coiffés de leur couronne imaginaire, clochards de châteaux, vagabonds hautains,  amants de la bohème.

Défilé intégral ici: Saint Laurent Homme 2013_2014

Ps: merci Anne grâce à qui j’ai fait l’effort d’apprendre à faire des gifs animés.

Men’s Sketches

Balthazar

Avant d’attaquer sérieusement les défilés Homme, voici les hommes plus demandés du mois de Janvier:

Gaspard, Melchior et Balthazar.

Gaspard

Melchior

Pour finir sur un homme masqué brûlant d’actualité.

Masque Pays Dogon

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Enroulée dans la soie

 

Quand je pense au Cambodge, c’est d’abord avec une nostalgie particulière. La nostalgie d’un pays dans lequel je n’ai pas réussi à entrer sur le coup et qui m’a laissé des regrets infinis à peine repartie. Je n’y suis pas encore retournée. J’y pense souvent. Je me rappelle l’odeur, la moiteur, les pièces de soie qu’on s’enroule autour de la tête pour ressembler à une femme croisée dans les rizières. L’Ile aux Lapins.

Quand je pense au Cambodge, une image me vient spontanément à l’esprit: je vois une tisserande assise par terre, affairée à sa pièce de soie. Comme un flash de couleur fluo sous l’ombre de la cabane à pilotis. J’aperçois une poule qui passe sous la trame tendue, la navette glisse avec un bruit de tchac, tchac, son enfant dort dans un panier à côté. J’aurais passé des heures à regarder la toile se faire doucement.

 

 

Il se trouve que Magali, mon amie de coeur, est partie là-bas pour dessiner une collection de soieries en partenariat avec les Artisans d’Angkor.  D’abord imaginée à Paris sous forme de gammes de couleurs (Magali est coloriste, ça aide), de motifs aux entrelacs merveilleux (elle est designer textile aussi),  de dessins de silhouettes, de robes, de chemises, de pantalons, la collection a ensuite été élaborée au Cambodge. Les artisans ont teint les écheveaux, tissé les pièces de soie à la main, imprimé les motifs, coupé le tissu, cousu pour transformer la soie  en vêtement. Le résultat est simple, les couleurs nucléaires, les matières extrêmement fines.

 

 

Je vous montre:

 

 

 

Sans oublier quelques éléments de déco :

 

Retrouvez Magali sur son blog: Ici et ailleurs, ses reportages autour du monde pour Ô Feminin, sa quête autour du textile avec des rencontres et des images sur-esthétiques pour Tissus et Artisans du Monde.

Pour en savoir plus sur Artisans d’Angkor .

C’est une collection qui me touche beaucoup: d’une part, parce que c’est celle de Magali, d’autre part parce que j’ai un petit côté idéaliste et donc j’adhère complètement à cette manière de mettre en avant le travail des artisans.  N’hésitez pas à en parler car c’est un projet qui véhicule de belles valeurs.

 

 

 

Loose-Control chez Gaspard Yurkievich

Hey you!

J’ai failli commencer mon article en anglais, et puis je me suis rappelée qu’en fait je parle français.

Donc en français: en septembre, à un moment ou j’observais différents spots mode pour un article à venir, je me suis invitée au show-room de Gaspard Yurkievich pour découvrir sa collection 2013. Disons qu’il m’a très gentiment conviée à venir. Il a même pris le temps de s’occuper bien de moi, de m’expliquer en détail l’esprit de la collection, le travail sur les textiles (pointu et exigeant comme j’aime) avec des soies plongées, des transparences, des broderies… les chaussures conçues comme un prolongement de la sihouette, complètement assorties aux broderies des vêtements.

 

Le côté loose-chic de cette collection m’a complètement décérébrée. Il suffit que je regarde à nouveau les photos pour perdre tout sens logique et toute maturité. Je ne connecte plus rien à part que je veux faire la diva, pieds nus, dans cette robe noire, à marcher les mains dans les poches sur une plage au clair de lune (oui il y a une plage dans mon accès de démence).

 

En fait ça paraît tellement simple d’être sublime dans ces robes aussi rapides à enfiler qu’une nuisette (une demie seconde d’enfilage maximum), avec des poches à l’avant pour se donner une allure détachée, et suffisament de flou artistique autour de la taille et des hanches pour paraître infiniment bien roulée.

 

 

Les proportions décalées m’ont bien plu aussi: un peu trop court par-ci, trop large par-là, un peu ça glisse sur l’épaule, mais seulement si j’ai envie, un peu c’est opaque par-ci, transparent par-là. Vous savez il y a des filles qui sont pros à ce jeu-là: faire parler les fringues. Moi je n’ai jamais su faire, simplement, là c’est le vêtement qui le fait à ma place. Et vous imaginez quoi?

Que je suis repartie sans aucune robe… la loose internationale.

Yours!

E.

 

 

Super Mom: Victoire de Taillac

 

Vous l’aurez compris ma grande angoisse dans la vie, c’était de me transformer en « Maman » au moment où  j’aurais des enfants. La maman, c’était un concept assez lointain, d’une fille qui change de statut, qui devient obsessionnelle des couches et des modèles de poussettes, avec qui la conversation devient impossible à partir du moment où l’on n’a ni enfants, ni neveux. En revanche, j’avais des idéaux, de filles géniales, qui parvenaient à mener une vie inspirante et personnelle tout en gérant leur tribu de bambins: ça pour moi c’est le mythe. Je me prépare donc à faire une série de portraits façon Panthéon de It-Moms.

J’ai envie de commencer par une maman incroyable, une des plus colorées du moment. Avec son surdoué de mari, ils se sont lancés dans une vie mi-sédentaire, mi-nomade en emmenant leurs trois bouts de chous (plutôt chous que bouts d’ailleurs), vivre dans les endroits les plus cools du monde, dans des maisons aux à-plats vifs, verts, bleus, roses… On a envie de s’avachir dans les canapés colorés pour lire des bouquins de Byron en prenant un thé brûlant au soleil, d’aller faire de la balançoire dans un jardin turquoise en parlant toutes les langues, de se contempler dans un miroir de sorcière sublime et déformant et de s’imaginer une filiation avec des ancêtres Renaissance à tête d’Hello Kitty.

 

Mix de modernité, d’enfance, de facilité déconcertante, Victoire de Taillac à la beauté supernaturelle raconte surement aussi bien les histoires du soir que ses histoires de vernis à ongles sur son blog à la jolie cambrure: The French Beauty Club. Il faudra que je m’abonne pour être au courant A LA SECONDE de ses articles gracieux, innovants et super frais. Ce mélange d’audace, de race, de folie et de rire, je pense que les enfants nagent dedans comme au Pays des Sirènes.

D’ailleurs, ça ne vous étonnera pas de savoir que c’est son mari, Ramdane Touhami, qui a relancé les Bougies Cire Trudon. Quand on vit avec une muse, on peut se permettre d’être inspiré.

voir plus de photos sur le site ELLE.fr