Le labo photo digital, deuxième partie

J’avais commencé il y a quelques semaines ( mois en fait ) à vous parler du labo photo digital. À la demande croissante d’au moins deux de nos lecteurs, voici la suite.

Afin de mieux comprendre ce que « développer » une photo veut dire dans un monde digital où tout est instantané et les photographes peuvent montrer leurs photos directement sur l’écran de l’appareil, revenons un peu en arrière, à l’époque où les photos se faisaient sur une pellicule.

Une des différences majeures entre les photos prises par des amateurs et celles prises par des professionnels, était introduite dans l’image après la prise de vue, lors du développement et tirage.

A l’amateur, une fois la pellicule terminée, il ne restait qu’à l’apporter au labo pour, après quelques jours ou quelques heures, obtenir une jolie pochette contenant négatifs et tirages, sur papier mat ou brillant, en 9×13, 10×15 ou 13×18. Parfois, une image sortant du lot se voyait attribuer l’honneur d’un tirage plus grand et d’un cadre, mais là s’arrêtait en général l’excentricité.

Le professionnel, quant à lui, déclenchait en apportant ses films au labo un processus beaucoup plus long et complexe. Des instructions spécifiques de développement en fonction des conditions de prise de vue aboutissaient à une meilleure optimisation du développement, l’étude de la planche contact, le choix de quelques images pour lesquelles faire des tirages de lecture, puis après visionnage de ceux-ci une discussion avec le tireur pour définir cadrage et masquage, afin que chaque image soit vue dans les meilleures conditions.

Bien sûr, ceci est une simplification, et il y a eu autant de manières de procéder que de photographes, certains s’interdisant le recadrage, d’autres le masquage, d’autres la retouche et ainsi de suite, mais fondamentalement la différence était là et bien là: chez les amateurs, prendre une photo consistait a appuyer sur le déclencheur, chez les pros, ce geste ne faisait que démarrer un long processus, avec les différences de qualité que l’on connaissait.

L’arrivée de la photo numérique a-t-elle changé tout cela?

Non, pas vraiment. La seule différence aujourd’hui est dans le fait que la démocratisation des outils nécessaires a créé toute une frange de photographes qui, sans être des professionnels, peuvent en adopter les méthodes de travail, mais nous avons toujours deux façons de pratiquer la photo, d’un côté celle qui consiste à considérer les images JPG générées par l’appareil photo comme un produit fini, et de l’autre celle qui utilise les images RAW produites par l’appareil comme une matière première à retravailler.

Je n’ai pas la prétention de vous livrer des secrets, que pour la plupart j’ignore, ni de vous apprendre un savoir-faire que j’essaye moi-même humblement d’acquérir lorsque j’ai un peu de temps libre, mais j’aimerais juste, par quelques exemples pas trop ratés, vous donner le goût de considérer vos images sous un angle différent, et d’essayer de voir au delà de la première impression délivrée par le minuscule écran au dos de votre appareil.

Pour cela, voici quelques images brutes après import, sans retouche ni recadrage, ni optimisation aucune:

    

Les images ci-dessus sont les fichiers JPG produits après un import dans mon Mac, sans rien toucher aux réglages par défaut.

Je les trouvais intéressantes, mais il fallait, selon moi, en vrac:

  • Des recadrages, afin d’éliminer des parties inintéressantes, les déséquilibrant ou détournant l’attention du sujet principal.
  • Des corrections de densité, balance des blancs et colorimétrie afin de les rendre mois chatoyantes ( je n’aime pas les couleurs trop éclatantes, elles s’éloignent trop de ma perception de la réalité)
  • Des améliorations au niveau de la netteté, en particuler au niveau des bords entre plages de couleurs
  • Pour le portrait, je voulais mettre l’accent sur la réflexion dans les lunettes.
  • Le rendu est trop « lisse », trop numérique, j’aime le grain des pellicules.

A l’aide d’Aperture ( recadrage, balance des blancs, netteté ) puis de DXO Film Pack ( colorimétrie, contraste, luminosité, grain ) j’ai modifié ces images pour aboutir à ces résultats:

Vous pouvez bien sûr cliquer sur les originaux ou les images finales pour les voir en plus grand ( et à la même taille ) et vous pouvez également utiliser les liens ci-dessous pour télécharger les fichiers en haute définition, avant réduction pour une utilisation sur le web ( clic droit sur les liens si vous souhaitez les enregistrer localement pour les ouvrir dans un éditeur) :

Les images originales:

et les images finales:

Ce qui est vraiment intéressant dans ce travail, n’est pas tant que le résultat final soit « mieux » que la photo initiale, après tout le jugement qualitatif ne sera jamais objectif, mais c’est que les images finales ressemblent plus, dans mon esprit, à ce que je souhaitais obtenir lors de la prise de vue.

De la même façon qu’un autre photographe aurait cadré différemment, ou déclenché à un autre moment, il aurait aussi effectué des corrections différentes sur les fichiers afin d’obtenir des images qui lui ressemblent, vous pouvez d’ailleurs, si vous le souhaitez, vous amuser à triturer mes originaux pour aller dans une direction différente, à condition de partager ensuite le résultat 😉

C’est ça que je voulais partager avec vous aujourd’hui: essayez, pour quelques unes de vos images, de faire le pas de plus qui consiste à leur consacrer un peu de temps de post-production, ou développement digital, et vous verrez quelle satisfaction vous en tirerez.

Paolo

Une réflexion sur “Le labo photo digital, deuxième partie

  1. Je ne sais pas si je fais partie des 2 lecteurs mais je continue de suivre la saga 😉
    A quand le prochain épisode « Combien de disques durs supplémentaires dois-je acheter pour stocker mes photos en RAW + toutes les versions en JPG + les videos HD faites avec mon boitier reflex »…

    Plus sérieusement, je crois aussi que je vais me laisser tenter par DXO film pack

  2. Ernkärden dit :

    Je pense également faire partie des deux lecteurs de cette chronique.
    Il est certain que ça fait complètement revivre les photos. et la photo du terrain de baseball est vraiment jolie.

    Ca me tente également, mais il faut que je change mon reflex et Nikon ne semble pas vouloir sortir de nouveaux modèles.
    Le grain de la qualité argentique avec les avantages du numériques sans avoir à tout retoucher sur photoshop !! A suivre

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