J’ai testé pour vous: Airbnb.com

Ou pourquoi les hôtels ont de l’avenir.

Encore aujourd’hui, l’article qui attire le plus de monde sur Chic & Geek est celui dans lequel Paolo nous présentait Air BnB, en novembre 2011, avec enthousiasme, test in vivo à l’appui. Un exposé si parfait et vendeur que lorsque mes parents sont venus rencontrer Poppy, le temps d’un week-end à Paris, j’ai trouvé tellement chouette de leur réserver un appartement tout près de chez moi plutôt qu’une chambre d’hôtel minuscule et impersonnelle. Je m’en mords les doigts maintenant.

Par souci d’anonymat, les images qui illustrent cet article sont celles de mon appartement. Celui que j’ai loué pour une nuit était pourtant charmant… sur le site d’Air BnB. 75 mètres carrés au cœur de Paris, on peut appeler ça une suite.

La propriétaire était vraiment sympa. Appelons-la Mireille. Mireille ne prenait pas les réservations pour une seule nuit, trop compliquées à gérer mais a accepté de le faire pour moi, en « voisine », si seulement mes parents pouvaient apporter leurs draps évitant ainsi une lessive à la femme de ménage. Une paire de draps, ce n’est pas si compliqué. Je les leur fournirais.

Je trouvai donc un endroit spacieux et clean, pour la modique somme de 183€ (130 la nuit + 30 de ménage + 23 de frais Air BnB), qui ne vous assure pas un bon hôtel en plein mois d’aout dans la capitale. Merci Paolo.

« Mes parents vont être super bien », pensais-je naïvement en préparant des draps rouges dans ma chambre grise…

David-Gaillard-par-Sandrine-Fournier-062

Par où commencer le cauchemar qui s’ensuivit ???

Mireille était cool, un peu trop cool, et surtout loin, au bord d’une piscine corse ou au fin fond de la jungle amazonienne, pas pratique pour organiser les choses. Mais c’est le principe d’Air BNB: les gens louent leur espace quand ils n’y sont pas.

Ainsi donc, une amie de Mireille devait remettre les clés et faire un état des lieux le jeudi vers midi, avec ma mère, tandis que je pouponnais. Maman revint du rendez-vous un peu dépitée: le ménage n’avait pas été fait avant son arrivée, l’amie découvrait comme elle les restes du repas des précédents occupants, leurs poubelles pas refermées, leurs mouches… gloups.

« J’espère que tu n’as pas payé pour le ménage ??? »

(…)

Un peu plus tard :

« As-tu des serviettes ? Et aussi des oreillers… Ceux qui sont sur place sont pleins d’auréoles bizarres. Et du savon ? »

Pas de souci, j’ai tout ça.

En fin de journée, mes parents partirent se coucher la peur au ventre mais bien équipés: alors qu’ils remontaient la rue avec un énorme sac de couvertures et autres serviettes éponge, je les regardai en souriant à ces romanichels d’un soir. Quelle aventure !

La suite rocambolesque de leurs pérégrinations dans Paris, je ne l’appris que le vendredi matin: ils ne m’ont pas appelée pour ne pas réveiller le bébé.

En arrivant dans l’appartement, pas d’eau. Mais pas d’eau du TOUT. Téléphone à Mireille qui panique mais ne peut pas faire grand chose qu’ils n’aient déjà tenté comme ouvrir tous les robinets, constater que la chasse d’eau est pleine ce qui laisse penser à une coupure générale récente. Une chasse d’eau pour tenir la nuit, c’est une gageure quand on sait que l’âge d’une vessie est inversement proportionnel à sa taille.

« Sonnez chez les voisins, je vous en supplie. Il est tard je sais mais ils sont adorables et vous diront s’ils ont de l’eau, eux. »

OK, maman s’aventure sur le palier, Mireille inquiète dans l’oreillette, pour mener l’enquête. Papa la suit parce qu’il est couard mais galant.

« NOOOOOONNNNN !!! Bougre d’imbécile !!! La porte s’est claquée derrière toi. Les clefs sont dans mon sac à l’intérieur !!! Allô ? Allô ? Nous sommes enfermés dehors. Mireille, avez-vous un double des clés quelque part ??? »

« Euh… oui chez ma belle-mère. C’est tout simple, direct en métro. »

Quand j’ai entendu ça, j’ai hurlé à la mort ! J’avais tout fait pour qu’ils soient à moins de 200 mètres et les voilà partis (en taxi, faut pas déconner) à l’autre bout de Paris, chercher un trousseau de clés chez une inconnue probablement endormie juste avant minuit. Tout ça pour se coucher dans un endroit limite crade, sans eau.

Le lendemain dès potron-minet, ils débarquaient chez moi pour prendre une douche et le petit-déjeuner. Ça aurait été rigolo si seulement je n’avais pas piqué une crise de nerfs consécutive au récit dépité que je viens de vous résumer… Si seulement ma mère avait adressé la parole à mon père, plutôt que de passer sa journée au téléphone avec la proprio en panique… si je ne m’était pas tordu rageusement le poignet qui secoue les biberons, si nous avions pu oublier les 10 sms et appels éplorés de Mireille réclamant les clés, si leur shopping annuel d’une heure n’avait pas été écourté par une course folle pour donner lesdites clés au plombier appelé en urgence qui découvrit que tout allait bien, tout coulait parfaitement au bon débit et l’incident était soit imaginaire soit trop mystérieux… s’ils n’avaient pas raté leur train pour la peine, si personne n’avait propagé le virus Ebola enfermé dans les placards crasseux de gens qui ne partagent pas mon attachement maniaque compulsif à l’hygiène.

Ah bon ? J’exagère ? A peine.

Je pensais vous écrire ça comme une anecdote amusante, je n’y arrive pas. Je suis verte de rage encore. Mes doigts écrasent les touches avec hargne et mon récit est incompréhensible.

Je sais que si je le publie je devrai probablement renoncer au remboursement de mes 183 euros (elle a proposé de me rembourser suite au fiasco) et à l’amitié hypothétique de cette « voisine » pourtant gentille, courtoise, pleine de bonne volonté… Ahhh Mireille.

Ben tant pis. Air BnB fini, terminado, basta, plus jamais.

Je cherche un hôtel pour la prochaine visite en septembre, un qui me coûte un bras pour me faire pardonner l’incident malheureux.

Bilan: 183€ + 30€ de taxi + 166€ de billets de train + 179€ de cadeaux + mon poignet endolori + une batterie de mon téléphone + la capacité de mon répondeur + 2 lessives et repassage + énervement de maman baby bluesée (personne ne souhaite ça !) + pleurs de Poppy (= coeur de maman brisé) + … + quelques heures tranquilles avec mon papa pas vu depuis 2 ans, ce qui n’a pas de prix !!!
Addition salée.

Allez je vais pleurer dans ma chambre.

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Anne

EDIT: j’ai rencontré Mireille depuis (j’avais son double de clés…). Elle est plutôt sympa, m’a remboursée en partie et a même offert un joli livre d’images à Poppy. Mais pour contrebalancer le témoignage de Paolo, il me semblait honnête de vous raconter cette expérience douloureuse 😉

7 réflexions sur “J’ai testé pour vous: Airbnb.com

  1. Ping : J’ai testé pour vous: Airbnb.com | Chic & Geek

  2. Oh la la quelle malheureuse aventure! 😦
    J’ai eu des expériences plutot agréables de AirBnB, cela a vraimant été une accumulation de malchances j’espere. Et tout cas, remet toi bien de ces émotions… ❤

  3. Ahhhhhh, rien que de penser que tout ça est de ma faute me tord le ventre… Ça me fait penser qu’il faudrait que je publie une suite à cet article, avec quelques précautions inspirées par de récentes expériences vécues à la première personne, ou comme celle-ci, m’ayant été rapportées.

  4. Emma dit :

    S’enfermer dehors doit nécessairement arriver au moins UNE fois dans une vie ! Qui a dit qu’on ne vivait plus d’aventures à Paris…
    Mais les prochains séjours seront plus calmes 😉
    Un petit câlin à Poppy en passant

  5. Oui, l’expérience AirBnB est à vivre mais c’est mieux quand ça se passe bien !!! Vraiment pas de chance pour tes parents et on comprend ta colère. De mon côté, retour très positif, à Paris justement, avec vue sur la Tour Eiffel… je croise les doigts pour les prochaines fois !

  6. mimi dit :

    Rahh pas de bol…je te comprends…Mais pourquoi ne pouvais-tu pas les loger chez toi? L’appartement a l’air plutot grand non?

  7. Guiton dit :

    La galère d’air bnb ne touche pas que les locataires, je loue un appartement à Cannes et tout les voyageurs sont ravis et me mettent d’excellente note. Ma 12 éme locataire 2 jours avant de rentrer dans les lieux me dit qu’elle n’est pas au courant pour les frais de ménage à verser à l’arrivée et que je suis un voleur, je lui dis que je suis très surpris car c’est écrit en majuscule contrairement au reste du texte qu’elle a bien lu, je lui propose de la rembourser car je ne veux pas chez moi de quelqu’un qui pense que je veux la voler, elle s’excuse et me demande sinon peut faire 50/50. J’accepte(pas pour l’argent mais parce que trop bon trop con) et sur place me dit qu’elle est ravie. Puis me laisse l’appartement dans un état que j’aurais pu « comprendre » de la part de 10 mecs venus se soûler au spring breack. Elle m’a cassé une tringle, bouché la douche,laissé toute a vaisselle, ses poubelles m’ont pourrie les draps des 2 chambres (hors cest un couple). Et à FUME, chacun est libre de fumer ou pas sauf que chez moi c’est interdit et c’est stipulé dans le reglement intérieur sous peine de perdre la caution(cela est dissuasif et les fumeurs fumeront sur le balcon en faisant rien brûler et je n’en saurait rien). je contacte airbnb qui demande à la locataire qui nie tout en bloc, j’envoie les photos, j’envoie la copie du mail ou elle me confirme avoir fumé sur la terrasse(hors interdit dans l’appartement et la terrasse, je sais c’est ridicule mais je suis chez moi ) et là me mnace de me mettre un mauvais commentaire.

    hors c’est dans le règlement airbnb que le chantage aux mauvais commentaire est interdit.

    je me dis avec tout cà je vais m’en sortir, ils ont toutes les preuves et bien non, c’est madame qui a eu gain de cause, la même scène chez les stups ca donnerait « Mr x a était cintrolé avec de la drogue, il avoue par écrit avoir de la drogue alors vu les élément on va le juger innocent ».

    Bref grosse colère, oui sur les 15 locataires j’en ai eu 14 ravis ou tout c’est bien passé mais la j’en veux plus a airbnb qu’à cette co……..

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