Loewe – Maravilloso !

Vous attendez une épopée, un roman de chevalerie médiévale…

Il est vrai que je vous ai laissés lundi en compagnie de deux aventuriers de l’extrême, sortant d’un premier round musclé au milieu de la ruche, virevoltant, piquant, tournoyant pour mieux saisir les plus infimes détails des préparatifs.

Aujourd’hui, les vestiaires sont à quelques mètres et pourtant à des années-lumière : en faisant les quelques pas pour traverser la cour qui nous séparait de la grande salle d’apparat, nous avons récupéré pureté et innocence, oublié les coutures et les barrettes, franchi le Rubicon et rendu les armes tout à la fois.

Fred, Eudoxie, et moi, allons assister à un vrai spectacle. Notre capacité à nous émerveiller, eût-elle été amoindrie par la révélation de l’envers du décor, ne va pas tarder à faire de nous des enfants aux yeux écarquillés…

Pour rester dans la continuité de mon précédent article sur les backstages, au moins sur la forme, et honorer ma promesse, abordons ce défilé par les derniers croquis de la talentueuse Eudoxie !

Côté cour, les bougies :

Puis le décor féérique côté jardin…

C’est la quatrième fois que j’admire de nuit la Cour d’Honneur de l’Ecole de Médecine. Elle n’a rien perdu de son charme…

… ni le jardin de son éclat.

Car loin des tables bistrot, des petites chaises ou des fauteuils baroques et des décors équestres, une mise en scène minimaliste moderne de bancs blancs dans l’ombre, illuminée de hampes de verdure et de fleurs aux éclats d’or, ouvre l’imaginaire vers un Eden inspiré par Gala Dali.

Après recherches (voir note d’inspiration en page 2), la cascade de mimosas s’avère être de l’Helichrysum setosum, ou immortelle jaune, séché !?!?! Mais franchement, c’était simplement très très très beau !

En guise d’accueil et de surprise, dans la foule intimidante, je tombe nez à nez avec un ami de longue date, adorable et souriant, qui me tend des bras rassurants et auquel je m’empresse de donner moult baisers en retour…

Je retrouve mes deux complices. On nous cajole, on nous dorlote, on nous fait avancer.

Nous voilà propulsés en quelques instants magiques aux meilleures places : à la fois sous l’imposant passage chapeauté dorique (ionique ou corinthien, j’en sais rien), les fleurs à portée du bout des doigts, accessoirement au premier rang ! Paf.

Face à nous, la beauté de l’Asie s’invite dans le faste de l’Europe et j’ai soudain le sentiment d’être au centre du monde.

Les projecteurs se tamisent. Nos yeux pétillent d’excitation. On s’effleure même les doigts pour s’assurer que c’est bien réel… et puis on s’abandonne.

La parade peut commencer.

On voit tout tout tout… les silhouettes qui se découpent à droite, s’avancent dans la lumière, défilent fièrement sous les rampes jusqu’au bout du catwalk, se croisent en un clin d’oeil, avant de revenir nous chatouiller les genoux du plissé académique de leurs jupes en corolles, ou bien nous caresser la raison avec la ligne pure d’un large pantalon… les détails dorés d’un sac à adorer, puis disparaître en nous offrant la vue d’un dos de cuir brodé d’oiseaux de Paradis.

On pourrait croire toutes les conditions réunies pour que je vous présente chaque silhouette en intégralité. J’avais même accès aux chaussures compensées qui élançaient leurs jambes déjà comme des compas.

C’était sans compter sur ce phénomène étrange et invalidant, pourtant si agréable, qu’on appelle l’émotion….

qui fait appuyer sur le bouton un quart de seconde trop tard

Qui brouille et floute de larmes les images les plus belles

les créatures les plus pures

les lignes les plus parfaites

et va, si on s’essaye à applaudir en même temps qu’on shoote, jusqu’à effacer le visage de celui qui salue timidement puis s’en va, Stuart Vevers, le créateur et l’âme de la collection

Pardon…

Je ne peux pas vous emmener jusque là avec moi. Il va vous falloir de l’indulgence et de l’imagination pour nous suivre.

Peut-être une aide inattendue mais espérée, de mon agent secret jusqu’ici resté dans l’ombre, celui dont on a douté de la présence tant il est furtif et vif, mais dont le rapport circonstancié me permet de retrouver la veste que je croyais perdue et le t-shirt blanc aux manches reboulées, deux pièces repérées en backstage.

Oh Merci, Monsieur le Marquis de Lannes !

Entre défilé militaire : treillis, vestes, poches, kakis, besaces, stature des soldats… et parade romantique : dentelles, fleurs, oiseaux… La collection Loewe était un grand écart.

Entre élégance froide des coupes impeccables et sensualité en transparence de matières, bouche rouge sang, jambe interminable sortant d’une jupe fendue haut, qui se déplie et déploie son pouvoir d’attraction fatale en s’exposant à la lumière et aux regards, la femme Loewe était toute en équilibre, une séductrice conquérante.

Faut-il préciser qu’on a aimé ? 🙂

Fred a filé comme le vent, les yeux humides et la truffe chaude de bonheur.

Eudoxie et moi sommes restées nous baigner dans le décor impressionniste, nous prenant pour des nymphes.

Insouciante et donc au summum de la grâce incarnée, c’est pieds nus qu’elle avait assisté au défilé et posait encore pour moi… un amour.

Après avoir battu des mains pour exprimer mon emballement, je les joignais dans une prière muette (et secrète).

Habitée de la magie dont l’air était empreint, j’ai même crû un instant avoir capturé en moi un éclat de cette fibre artistique dont elle irradie et j’ai tenté de dessiner des traits lumineux dans la nuit…

Quelques minutes plus tard, nous étions au Flore, j’embrassais Stuart sans m’en apercevoir (pardon…) et heureusement, avant que ça ne dégénère, Lancelot me sauvait sur son destrier, tandis que mon amie s’engouffrait dans la bouche de la station Saint-Germain des Prés, prête à prendre le métro pour un carrosse scintillant.

Comment résumer tout ça en moins de 2 minutes ???

Impossible.

Sauf pour Fred le sorcier qui nous grise dans sa merveilleuse vidéo à voir et revoir :

J’avoue que je suis extrêmement fière de mon équipe de choc ! L’on ne pouvait rêver meilleure ni plus talentueuse compagnie pour cette Nuit Espagnole. Olé !

Je ne rêve pas : j’ai bien une auréole là, au dessus de ma tenue de combat ???

Quelle aventure !

Anne

Liens :

Le défilé Loewe

– filmé par Fred pour CutbyFred

– croqué par Eudoxie pour le Huffington Post et puis plus précisément, en dessins parfaits chez elle ici : l’Armée Loewe !

– shooté par le Marquis de Lannes

Site Officiel Loewe

POURSUIVRE : la vidéo du défilé en intégralité, tous les looks et la note d’inspiration en page 2

8 réflexions sur “Loewe – Maravilloso !

    • Anne dit :

      Un mois et demi plus tard, je m’interroge sur la dentelle et revois avec bonheur les blousons fourrés de l’hiver… Mais on en reparle au printemps 😉

  1. clara dit :

    ..le texte est à la hauteur du défilé super classe !

    Il y a là de quoi mériter l’auréole 🙂

  2. Ping : Live Drawing on iPad by Eudoxie | Chic & Geek

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