Réflexion sur le sens de défilement dans Lion

C’était donc aujourd’hui la sortie de Lion, autrement connu sous le nom de Mac OS X 10.7, la nouvelle version très attendue de Mac OS X.

Tellement attendue que toutes les personnes vraiment intéressées l’utilisent depuis au moins un mois, si ce n’est plus, grâce au système mis en place par Apple, en théorie destiné aux développeurs, en pratique leur permettant de facturer $99 / an à tous les « early adopters ».

De quoi s’agit-il? Du fait que pour $99 par an, sans avoir à justifier d’une compétence quelconque, ni à développer quelque programme que ce soit, vous pouvez vous inscrire en tant que Développeur Mac OS X, ce qui , entre autres, vous donne accès aux versions beta du système d’exploitation Apple.

Ajoutez la même somme pour les versions beta d’iOS et vous voilà à la pointe du progrès pour un peu moins de $200 / an

On s’étonne moins ensuite qu’Apple vende son OS si peu cher ( $29 pour la version finale ) quand on considère qu’il n’y a plus de support, ni de packaging, ni de frais de distribution, puisque tout se passe en ligne sur l’App Store, et que par ailleurs, des dizaines, voire centaines de milliers de copies sont de fait vendues par abonnement d’une centaine de dollars par an. Sans compter que c’est bon pour l’image de marque, d’avoir des « centaines de milliers de dévéloppeurs »…

Alors quoi de neuf dans ce Lion? Il est hors de question pour moi de lister toutes les nouveautés, il y en a trop, dont probablement beaucoup que je n’ai même pas encore remarquées, mais il y en a une que je trouve très intéressante.

Le sens du scroll dans les fenêtres, que ce soit à la souris ou au trackpad.

Il a été inversé par rapport à nos habitudes de  30 ans ou presque. ( Avant d’hurler, sachez que le sens par défaut a été inversé, mais il est possible de rétablir le précédent ).

Depuis que les ordinateurs ont des souris, nous avons pris l’habitude de faire défiler le contenu des fenêtres qui s’affichent sur notre écran par l’intermédiaire de barres de défilement, ou « scrollbars ». Le fonctionnement de celles-ci est simple: lorsque le contenu dépasse la longueur de la fenêtre ( ou sa largeur, même si c’est plus rare ) une barre de défilement s’affiche sur le côté, de hauteur proportionnelle au contenu visible. En faisant glisser cette barre vers le bas, on visualise le contenu qui se trouve sous le bord inférieur de la fenêtre, en la faisant défiler vers le haut, le contenu qui se trouve au dessus du bord supérieur.

Les appareils à écran tactile, tels que iPhone, iPad et autres tablettes ont modifié ce système. Finies les barres de défilement comme outil pour faire défiler le contenu, désormais on fait directement glisser celui-ci avec nos doigts, les barres, beaucoup plus fines, n’apparaissent que pour nous indiquer la position de la partie visible par rapport à la totalité du document.

Ce qui est amusant, c’est que sur de tels appareils, cela n’a étonné personne que la direction du geste soit inversée. En effet, lorsque vous souhaitez voir ce qui se trouve sous le bord inférieur de l’écran de votre iPhone, vous glissez avec votre doigt du bas vers le haut, mouvement contraire à celui que l’on faisait à la souris sur une barre de défilement, mais mouvement naturel, car enfin la page, elle, se déplace vers le haut.

Depuis que Lion est disponible en version beta, et encore plus depuis ce matin, j’ai lu beaucoup de messages d’utilisateurs se plaignant du fait que dans cette nouvelle version de Mac OS X, le principe du défilement de la page plutôt que de la scrollbar soit appliqué par défaut. Ainsi, il vous faudra déplacer votre souris vers le haut pour voir ce qui se trouve sous votre fenêtre actuelle.

On retrouve la même inversion dans d’autres gestuelles: le bouton back de Safari par exemple, permettant de revenir à la page web précédente, pointe vers la gauche, et il faut évidemment glisser ses doigts vers la droite sur un trackpad pour obtenir le même effet.

C’est un changement d’habitudes, il va sans dire, qui annonce l’avènement d’interfaces tactiles pour nos Macs à l’image des appareils mobiles, mais ne nous trompons pas, c’est maintenant, que les gestes sont logiques. Nos gestes d’avant nous semblent familiers uniquement parce que nous nous y sommes habitués depuis 30 ans.

Comme je le disais plus tôt aujourd’hui à quelqu’un qui était surpris par ce changement, notamment à propos de Safari et du défilement vers la droite pour revenir à la page précédente, lorsqu’on veut revenir en arrière dans un livre, on tourne bien les pages vers la droite, lorsqu’on veut lire le bas d’une feuille, on doit la déplacer vers le haut, la nouvelle gestuelle colle à la réalité.

Tout cela est relativement futile, me direz-vous, et je serais de votre avis, si cela ne poussait pas à réfléchir à combien de comportements absurdes de notre vie quotidienne nous paraissent naturels uniquement parce que nous y sommes habitués, et quelles difficultés et inertie la volonté de changement doit surmonter, même lorsqu’elle vise à rétablir le juste ordre des choses…

Paolo

Une réflexion sur “Réflexion sur le sens de défilement dans Lion

  1. Dori dit :

    /plaque ses mains sur l’écran
    /apprend à ses orteils à pianoter sur son pédalier en braille

    Oo )

  2. Lion est en train de s’installer (encore 48 minutes youpii) et je dois dire que ce changement me paraît très judicieux, plus intuitif effectivement. Enfin je ne sais pas si avec une souris c’est aussi évident, mais je n’utilise que le trackpad donc… Merci Lion 🙂

  3. Zozo Le Pingouin dit :

    oui ben c’est d’ailleurs bien relou car à chaque fois que je passe de mon iPhone à mon Archos, je ne sais plus dans quel sens faire glisser mon doigt sur l’écran…

    C’était l’apport constructif du pingouin au débat ! (ze pleasure iz mine)

    (et à tous les gnognoteurs que j’entends déjà gnognoter du « bouh il a un Archos et pas un iPod », je répondrai: qu’Apple me fasse un lecteur multimédia en 5 pouces avec une capacité de 500 Go et qui propose une gestion des fichiers en arborescence simple et pas uniquement via cette m%!§# astronomique qu’est iTunes, et on en reparlera…)

  4. Pazns dit :

    On observe le même phénomène avec la disposition des touches sur un clavier.

    Les dispositions QWERTY et dérivées ne sont pas optimisées pour une frappe aisée. Il semblerait que cela vient du blocage du mécanisme d’une machine à écrire en cas de frappe trop rapide. La disposition a donc été volontairement contre-optimisée pour éviter un blocage trop fréquent.

    Aujourd’hui, des alternatives très sérieuses existent, dans de nombreuses langues dont le français. Pourtant, l’usage de la disposition QWERTY et dérivées est tellement répandu que de telles améliorations peinent réellement à percer, bien qu’elles apportent à la fois confort et rapidité de frappe !

    Par exemple, présentation de la disposition bépo : http://bepo.fr/wiki/Pr%C3%A9sentation

    • Dori dit :

      Bepo rocks Oo ) Aux claviers, consommateurs !

      En même temps il faudrait presque autant de claviers que de langues utilisées… I had a scream…le clavier à touches unies, sans aucune inscription, muni d’un mini-projecteur pour faire apparaître la langue choisie (comprenant en plus la nouvelle disposition optimisée pour cette langue), et shazam. Ou encore le clavier infrarouge. Bon, ‘ctes pas tout ça, je vais aller démarrer mon aéroscoot parce que je crains qu’il ne me manque un sérieux plomb ce matin.

      XD

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