Dead Man Walking : Vanités…

La semaine dernière, je n’étais pas à Milan pour les défilés Hommes, ayant décliné les invitations qui pleuvaient cette année… ni en Afrique du Sud en train de faire l’autopsie de l’équipe de France avec les autres vautours de mon espèce.

Ma copine Liliane ne m’avait pas appelée à la rescousse pour dépenser plus vite que mon ombre les centaines de millions d’euros en petites coupures de son compte en Suisse (j’aurais trouvé des idées, c’est sûr, tout aurait disparu).

Donc, mardi 22 juin, libérée exceptionnellement de mes fonctions de consigliare secrète auprès d’Eric Woerth, j’errais rue Saint-Honoré, photographiant les vitrines pour partager avec vous, comme à mon habitude, les dernières tendances en matière de mode pointue parisienne…

Sauf que voilà, LA photo, je ne l’ai pas faite. (Elle n’était pas bonne, juste en deuxième colonne)

Oh j’ai bien pris la vitrine de The Kooples et son tshirt macabre, le Requiem dans mon iPod…

Et puis quelque chose a attiré mon attention dans le reflet… quelque chose que vous ne voyez pas sur la photo ci-dessus car masqué, pudiquement, étrangement, extra-ordinairement, par les sequins de la marinière.

Je me suis retournée, faisant face à l’Eglise Saint-Roch et j’ai pris ma dernière photo de la journée.

Voilà ce que vous auriez pu voir dans le reflet de la vitrine…

Mais je m’en fiche d’avoir raté cette photo.

Ce qui se passe en ce moment dans le monde de la Mode, ce sont des filles et de jeunes hommes, beaux comme des anges, qui se défenestrent (pas une épidémie non plus, mais comme une envie assez répandue), virgin suicides.

Dans ce cercueil, il y avait peut-être le vieux Général Bigeard, mort de sa belle mort… mais ça m’étonnerait.

Et si c’était plutôt lui…

Tom Nicon by Andrea Gandini

Tom Nicon, un mannequin français de juste 22 ans, qui s’est suicidé durant la fashion week à Milan, peut-être de désespoir amoureux, probablement pour des raisons plus complexes.

L’Italie est un beau pays pour mourir d’Amour et il aurait fait un Roméo Montaigu idéal.

Il aurait été… il n’est plus.

Et du coup, je n’ai pas plus envie de terminer cet article que de regrets d’avoir raté ma photo.

Je vous envoie, une fois encore, lire Géraldine Dormoy sur l’Express Styles.

Anne

Lien : toute la séance dont est tirée la photo de Tom, sur The Fashionisto

Une réflexion sur “Dead Man Walking : Vanités…

  1. Et au sujet du mannequin je trouve cela terrible ! As tu lu le livre de Gréaldine Maillet à ce sujet ? Excellent et touchant .

  2. V. dit :

    C’est triste, le suicide, ça me touche beaucoup. Dans le mauvais sens du terme. Savoir que quelqu’un s’est suicidé me met toujours dans un état spécial. Alors.. Paix à son âme.

    (J’adoooore la vitrine !)

  3. Les looks de The Kooples sont magnifiques. Enfin une marque haut de gamme qui affirme haut et fort son coté Dark et macabre. Leurs publicités sont incroyables, surtout celle des personnes agées qui sont habillées rock, pourquoi on ne voit jamais ça dans les rues de Paris, Dommage… Je pense que je vais proposer à mes grands-parents de changer de garde-robe…

  4. @ Stéphanie : c’est triste… pourquoi c’est triste aussi qu’il ait été si beau ? je ne sais pas.

    @ Isis : pas lu le livre que tu dis et franchement, je ne sais pas si j’en ai envie, même si ma confiance en toi est totale… c’est dur comme sujet. Pas sûre d’être prête à m’immerger dedans… envie de gaité ! … et pourtant j’ai fait ce post… paradoxe 😉

    @ Julie Navarro : comment les robes ? Grands Magasins en débuts de soldes, impossible mais fais-nous saliver !

    @ V. T’es comme moi, vacillant entre le superficiel léger et l’envie de plonger du côté sombre… désolée si mon billet t’a troublée… j’espère que les autres que tu trouveras ici auront un effet plus positif.

    @ MissPhit : Je ne sais pas encore trop quoi penser de The Kooples… j’adore aussi leurs campagnes de pub, mais je ne suis pas certaine du haut de gamme en termes de qualité de leurs produits… ils surfent sur la bonne mode ! à suivre. je ne connais pas bien. Et oui mon papi avec un de leurs tshirts, j’adorerais 🙂 Merci pour ton avis et cette idée pas facile à appliquer, mais géniale !

    Bisous
    Anne

  5. MrsB dit :

    Il faut être très jeune pour porter des « vanités » sur son torse, ce n’est pas à un âge avancé qu’on a besoin d’apprendre que tout justement n’est que vanité, on doit le savoir. Non ? 😉

  6. Oui, ce suicide a fortement marqué la fashion week masculine… Un vrai drame quand cela arrive, on oublie trop souvent que les mannequins sont très jeunes avec les problèmes et les faiblesses qu’on peut rencontrer à cet âge.

  7. @ MrsB : je suis d’accord… Le (gros) grain de sel dans mes cheveux m’empêche d’arborer crânes et autres symboles réservés aux jeunes pirates… On peut les admirer tout de même, quand par hasard notre regard les croise, et les trouver fascinantes, comme la beauté du diable des éphèbes aux torses glabres et à l’insolente assurance (ou fragiles et timides, comme Tom).

    @ Little Style Box : Nombre d’analyses sur le sujet dans les magazines ou les forums. Je me garde de prendre position sur un milieu qui m’est totalement inconnu mais mannequins ou simples lycéens, on oublie peut-être un peu vite (en découvrant que tout est vanité ???) l’âge des passions et des sentiments extrêmes, celui où nous avons été fascinés, terrassés, séduits par une certaine idée de la mort… de la vie aussi. Les années des grandes espérances et du plus profond désespoir.

    A vite et merci !
    Anne

  8. MrsB dit :

    Oui on peut admirer, bien entendu, j’apprécie énormément les Vanités en peinture, moins sur les tee-shirt car je crains que ça ne perde du sens ou que la profusion des images ne permettent plus d’y réfléchir (à ce sens des vanités).
    Bon, j’extrapole peut être un peu trop, après tout dans ces vitrines c’est avant tout un objet de « mode » à laquelle je ne comprends pas -toujours- grand chose.

    Quand à ce jeune homme, oui bien sûr on ne peut qu’entrevoir cette fascination de la beauté d’un éphèbe si bien décrite dans la Mort à Venise. Cette grâce éphémère de la jeunesse des corps et des visages, tout un chacun y est sensible, certains trop.
    Je ne commente pas le suicide de ce mannequin, que dire de sensible ou pertinent, et sincère devant la mort d’un inconnu ? J’avoue ne pas avoir de mots qui ne soient pas vains, oui c’est triste, mais ça n’empêchera pas le business de la mode de continuer à briller et à flasher. C’est son rôle, qu’on apprécie ou pas, c’est un monde qui existe avec ses lois et engrenages.

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