Louis Vuitton Express Paris-Shangai

C’était en mars dernier. Le 7 mars 2012, un peu avant 10 heures.
Devant l’écran de mon ordinateur, j’attendais le début du défilé Automne-Hiver 2012-2013 Louis Vuitton, retransmis en direct sur Internet.

Un défilé Vuitton est toujours un vrai spectacle, un « Show », et les vêtements sont les costumes d’une mise en scène qui raconte une histoire. Pour ça aussi j’aime Marc. Il n’y a pas de limites à ses délires et, machinerie LVMH à ses ordres, il est le magicien d’un pays imaginaire, son Oz, dans lequel tout peut arriver… pourvu que ce soit à l’heure.

Après la Fontaine de Jouvence, les Ascenseurs Affolants, le Manège Enchanté(cliquez sur les liens bleus pour revoir mes articles sur les sujets), qu’allait-il donc inventer, dans la Cour Carrée du Louvre, lieu de ses ébats 2 fois l’an ???

Une chose était sûre, je n’avais plus longtemps à attendre pour le découvrir. Marc Jacobs est ponctuel.

Ce matin-là, il avait du retard, juste quelques secondes, mais c’était étonnant, inquiétant, excitant… ce silence qui précédait, c’était déjà du Marc Jacobs.

Et puis… l’horloge a sonné et mon coeur cessé de battre durant 14 minutes délicieuses d’orgasme en apnée.

Pour ceux qui voudraient vivre cette expérience hallucinante, je mets la vidéo, telle que je l’ai vue (mieux encore, ce lien, repris tout en bas) :

Louis Vuitton Fall/Winter 2012-2013 Fashion Show

 

 

Découverte récemment, version courte, délicieux condensé en moins de 2 minutes, avec les préparatifs, les coulisses, etc.

Louis Vuitton Fall/Winter 2012-2013 Fashion Show highlights

Vous avez remarqué le « Directed by Justin Wu » ? Un jeune artiste dont nous avions déjà parlé sur ce site pour son talent de photographe et sa gentillesse incroyable, dans cet article. Je suis si contente de ce qui lui arrive !

Palabrons maintenant.

Mais que dire ?

Que Marc Jacobs a du génie, que Dior et son dernier défilé couture semblent bien ennuyeux comparés à pareille fantasmagorie, que faire entrer un VRAI train dans la Cour du Louvre, sans que personne ne le sache, c’est tout bonnement de la Magie, que le Hogwards Express est aux couleurs de Vuitton et Marc Jacobs un Harry Potter almighty, mon idole, mon Dieu… Tout ça.

Je ne voulais pas en parler sur le coup car tout se criait partout, c’était vulgaire ;). Et limiter cet événement à un simple défilé dans la Fashion Week me semblait comme annoncer la naissance d’un Messie le jour de la finale d’une Coupe du Monde de Foot… Ce serait passé inaperçu.

Il fallait laisser se décanter les choses, voir et revoir, garder cela pour moi toute seule (et les autres millions d’internautes) encore un moment, précieusement.

Pourquoi maintenant alors ?

Parce que Louis Vuitton s’est rappelé à moi sous deux formes :

– La Campagne de cette collection a été shootée et un making-of avec Marc en hôte m’était envoyé :

Making Of the Louis Vuitton Fall/Winter 2012-2013 Fashion Campaign

 

 

Ainsi que des images

 

Et d’autres encore, destinées aux magazines :

Ah… Être du voyage, dans ce wagon, dans ces robes, avec ces sacs à main et ces malles… juste pour une seconde.

Autre événement :

– Louis Vuitton a invité le photographe et réalisateur Todd Selby, THE Selby, à traverser l’Europe et l’Asie en train, départ de Paris. Il écrit son journal de bord, consignant ses impressions, ses rencontres…

 

Paris to Shanghai by Train by The Selby for Louis Vuitton

… « lot of stuff to do. »

 

On peut suivre Todd Selby jour après jour sur le Site du Louis Vuitton Express, et sur YouTube

Le voyage s’achèvera le 19 Juillet, à Shanghai, où moult festivités l’attendent, ainsi que d’autres journalistes et VIP qui assisteront à l’inauguration de la « Maison Louis Vuitton ».

Parmi eux, Géraldine Dormoy de Café Mode, dont je découvre chaque nouvel article avec bonheur… Elle vient de nous montrer sa carte d’embarquement. Voici ses souvenirs de Shangai avec Lana del Rey en guest !

Le communiqué dit que le voyage en train est une invitation à l’observation, à l’introspection, à la rêverie – un véritable voyage, aussi marquant que la destination, qu’il faut en capturer l’essence, vivre cette aventure.

Aussi incroyable que cela puisse vous paraître, entre autres bizarreries, j’ai la phobie des moyens de transport… Je n’ai pas pu regarder la dernière vidéo ci-dessus, ni celles vers lesquelles je vous envoie.

Pourtant…

Pourtant ce matin de mars dernier, lorsque le Louis Vuitton Express de Marc Jacobs a débarqué à toute vapeur dans la cour carrée, dans mon salon et dans mon coeur, j’ai voyagé, agréablement.

Pour la première fois de toute ma vie, j’ai désiré ardemment une valise, et une locomotive.

Alors Monsieur Jacobs, je vous remercie.

Anne

Lien : le défilé en intégralité et pleine page sur le site de Louis Vuitton

24 réflexions sur “Louis Vuitton Express Paris-Shangai

  1. Tu le sais, je ne suis pas une grande fan de Vuitton ;-). Mais ce défilé m’avait fascinée, plus encore que les précédents. Et cette campagne est magnifique ; elle me rappelle un peu la série photo de petites parisiennes Années 20 shootée par Meisel pour le Vogue US de septembre 2007. Mais dans la campagne Vuitton, on a le plaisir de voir l’histoire se prolonger. Et on savoure. On a envie de monter dans l’Orient Express, de mettre une immense capeline à plumes et trouver un sac façon Mary Poppins. C’est magique, oui!

    Vivement la prochaine campagne! Je me demande ce qu’il va imaginer ?

    • Anne dit :

      Je suis fan c’est vrai, mais je voulais surtout ici montrer le spectacle… Je n’ai pas mis mes looks préférés ou des zooms accessoires, simplement pour qu’on se focalise sur l’histoire que ça raconte, l’ambiance. Je suis contente de voir que toi aussi tu le fais ton film devant ces silhouettes, cette évocation… sans être Vuitton addict 😉

      Merci Stelda !

  2. On peut dire qu’il ne nous envoie pas que de la poudre aux yeux le Marco. C’est magnifique, les images, le défilé, les vêtements. Il a les rennes en main et pourvu qu’il ne les lache pas de si tôt.

    Tu viens faire un tour sur mon blog Anne ? y’a du nouveau 🙂

    Merci pour ces images en tous cas!

    • Anne dit :

      A vrai dire, je n’avais pas très envie qu’il aille chez Dior quand ça a été évoqué… je comprenais la renommée etc., mais il aurait perdu cette liberté qu’il a chez Vuitton et ces moyens peut-être. Pourvu qu’il reste oui.

      A vite,

      Anne

      PS : je suis abonnée à tes RSS et lis donc tous es articles 🙂 Je ne laisse pas toujours de commentaire, mais je suis fidèle, promis.

    • Anne dit :

      Oui. Si je fais abstraction du commentaire suivant, je suis assez d’accord. Mais je n’en sais rien du tout 😉 Faudrait demander à Marc…

      Et en même temps est-ce qu’il y a de la joie dans « Mort à Venise » ? On peut faire du beau sans joie, ou créer du joyeux à regarder dans une tristesse intime… les artistes… puis c’était la fin de la semaine,, du mois, les filles étaient crevées, la musique est dramatique… la locomotive elle-même avait le bourdon. Y’a des jours.

      Je sais juste que coiffée d’un de ces chapeaux, je pourrais difficilement garder une tête boudeuse ! Le potentiel de joie qu’il y a dans le moindre bouton de ces manteaux est immense 😉

    • MrsB dit :

      Hmm, tel n’était pas le propos, le beau peut être sans joie et la beauté a ses dramaturges. L’histoire que j’ai vu c’est un voyage, avec le clin d’oeil à Louis Vuitton et l’origine de l’ épopée d’équerre avec l’expo, les vêtements sont inspirants et il est amusant d’ imaginer les porter – quoique peu probable. Jusqu’ici c’est sans souci.

      Le manque de joie que j’ai ressenti est tout à fait hors contexte de la scénographie, je ne sais pas réellement l’expliquer, un sentiment diffus-peut être lié aux enjeux financiers je ne sais pas…vraiment. Rien d’important, dorénavant je garderais les commentaires maussades dans mes fontes. 🙂

    • Anne dit :

      Surtout pas !

      Je suis désolée de ne pas avoir compris ton commentaire, j’aimerais le comprendre…

      C’est difficile quelques mois plus tard d’ailleurs pour moi de me remémorer exactement mon sentiment en voyant le défilé.

      Je sais que j’étais émue et épatée. Oui je trouvais ça beau. Non je n’étais pas joyeuse. Ni par la suite de voir la campagne ou les vidéos que je n’ai pas vues, Mais je mettais ça plutôt sur le compte de mon propre ressenti face au voyage, une chose terrifiante, dramatique… Tiens, je pensais pile à Anna Karenine. La joie ne me manquait donc pas. Elle était simplement absente.

      Maintenant que tu le dis, Peut-être que la joie qui t’a manqué à toi était absente de mon écriture ?

      Ou bien comme tu le sens, dans les enjeux financiers… Pourtant on les oublie le temps d’un défilé si souvent… trop souvent ?

      Peut-être es-tu lassée de devoir toujours, ici ou dans la Mode, ou ailleurs, jubiler ? On peut aussi être maussade ou carrément en colère.

      Je laisse moi aussi souvent des commentaires ailleurs et j’ai pour règle personnelle de ne dire que ce que je pense… de positif. Ce n’est probablement pas une bonne règle, du tout. En tous cas je ne voudrais pas que les gens l’appliquent tous… Parce qu’elle est source de frustrations (qui peuvent influer sur le ressenti face aux billets futurs… consciemment ou pas).

      Pour qu’il y ait discussion et tentatives mêmes vaines de comprendre l’autre, il faut accepter, au départ de penser différemment, de ressentir autrement, dépasser le malentendu pour écouter bien… se taper dessus, jouter verbalement, ça c’est plein de joie, et puis pour finir trouver s’ils existent, les quelques points d’accord qui feront qu’on se retrouvera (j’ai l’impression d’être Francis Lalanne, alors j’arrête).

      Le but est juste de te dire de ne pas te censurer ici 🙂 si tu le souhaites bien sûr.

      Et aussi de m’expliquer ce que tu appelles « manque de joie » et que je n’ai pas compris dans ma première réponse, idiote, à ton premier commentaire.

      Je t’embrasse.

      Anne

    • MrsB dit :

      Je viens de revoir la vidéo.

      Même ressenti.

      L’idée du voyage en train à vapeur, les vêtements qui ont des faux airs d’entre les deux guerres, bref tout cette revue historique participe à ce sentiment de tristesse, les années dites folles masquait le tragique. De plus j’ai l’ impression d’être engluée dans une éternelle nostalgie avec tous ces visuels dont on nous abreuve depuis quelques temps, j’en ai assez, j’aimerais qu’on ai autre chose à dire. Le défilé-spectacle représente le point de départ d’un voyage pour Shangaï qui devrait être prometteur et pourtant on ne les sent pas enthousiastes ces voyageuses, elles ont même l’air de partir vers un destin funeste, le décalage quand on extrapole est dérangeant comme si on ne devait plus croire en l’avenir. C’est ce que j’ai analysé et c’est très certainement à des lieues de qu’il était raisonnable de voir dans ce défilé. Peut être au contraire MJ nous dit , mes filles ne s’ enivrent pas des plaisirs d’une vie oisive, elles sont conscientes que les affaires sont difficiles et que leurs chapeaux sont épatants et drôles mais comme elles travaillent dur elles marchent droit devant.

      Au second passage, j’ai souri devant ces petits bonshommes qui portent les bagages de ces hautes voyageuses. 🙂 L’espoir renait !

      Dans le roman Anna Karénine, mon personnage préféré est Lévine. Ta réponse n’était pas idiote, ce sont mes élucubrations qui le sont, tes mots ne manquaient pas de joie. Les désaccords sont toujours intéressants entre gens de bonne compagnie.

      Je t’embrasse

    • Anne dit :

      Alors moi je suis super influençable en fait.

      Tout ce que tu me racontes, je le vois maintenant et je sens aussi la tristesse. Je comprends mieux forcément.

      Bien souvent il y a plusieurs angles pour éclairer une histoire, ou une oeuvre d’art, et je te remercie de m’avoir montré celle-ci sous ce jour funeste.

      La seule différence, c’est que même dans cette morosité de nostalgie sans espoir, je suis fascinée par ce défilé… de maniaque mon regard devient dépressif, mais mon esprit continue de crier bravo.

      Euh je ne suis pas claire… même moi je m’embrouille 🙂

      Quoi qu’il en soit, j’aime discuter avec toi, Mrs B.

      Bisous

      Anne

  3. Entre lui (MJ qui d’autre?) et Alber Elbaz, l’humeur est à la fête, à la joie, à l’enfance, teintée de quelques fumées sombres et intriguantes. Qu’est ce que j’aime. Ces images de campagne, ces chapeaux impossibles. On voudrait toutes redevenir de grandes fifi Brindacier, folles, sérieuses et séduisantes. Bientôt nous mettrons d’immenses chaussures trop chic et trop grande pour sortir dans la rue. )

    Bisous x 1000

    • Anne dit :

      Oh oui, sortons les vêtements de leur contexte et de cette gare pour enfin arborer des chapeaux fous, des talons impossibles… et avoir un porteur pour tous nos bagages / achats (c’est utile non ?)

      Bisous idem

    • Anne dit :

      En réalité, je me suis trompée : ce n’est pas si logique, et je n’y ai rien compris… mais je vais essayer de tirer ça au clair car j’aime ces deux commentatrices et je voudrais bien savoir ce qui se joue là.

  4. Comme Stelda, j’ai envie de commencer par « je n’aime pas Vuitton » mais en fait je n’aime pas les sacs Vuitton. Tandis que j’apprécie hautement ce que fait Jacobs pour la marque. J’étais en train de lire le blog du Selby lorsque ta publication fb est arrivée dans ma boite mail. Du coup, j’ai fait un tour général chez Café mode que je n’avais pas suivie depuis son premier post où elle nous annonçait son départ. J’ai donc découvert la « polémique » des « journalistes achetés par les marques ». Cela m’étonne toujours de voir que s’élèvent toujours une poignée de grincheux donneurs de leçons dès qu’un blogueur annonce une expérience aussi plaisante qu’enrichissante…. Jalousie, quand tu nous tiens….

    Je t’imagine fort bien en manteau, voilette et chapeau LV.

    • Anne dit :

      Moi aussi je regarde Café Mode et cette polémique était juste n’importe quoi… Pure jalousie tu as raison.

      Dans le cas précis en plus, il n’y avait vraiment aucune raison de refuser. La boîte organise un évènement au bout du monde, elle invite les journalistes, c’est simplement normal. Libre à eux ensuite d’en parler en toute intégrité…

      Et puis les marques n’ont pas forcément besoin d’acheter : regarde moi, je me suis donnée pour rien à MJ 😉

      Tu m’imagines vraiment comme tu dis ? Et un jour tu le dessineras, dis ? Ce serait incroyablement fabuleux supercalifragislistiquement magique si ça arrivait…

      Je t’embrasse.

      Anne

    • Anne dit :

      Oh Leah !

      Comme je suis contente de te voir par ici…

      Je savais que ces images te feraient rêver.

      A très vite et je t’embrasse,

      Anne

  5. Magali dit :

    Suivant depuis quelques temps votre blog, discrètement, je sors de l’ombre pour vous remercier de cette belle découverte : c’est à vrai dire la première fois que je regarde un défilé de mode en entier (!!!) et je suis charmée de cette ambiance romanesque. Vite, monter dans l’Orient-Express pour atteindre l’autre bout du monde ! J’y trouve aussi l’empreinte génétique de la marque (mais peut-être est-ce le cas à chaque fois ?), les bagages, les boîtes à chapeau. Bref, un régal !

  6. Merci pour cet article… le défilé est vraiment sublime, Marc Jacobs arrive véritablement à séparer son travail pour MJ et LV (il dit d’ailleurs qu’il fait très attention d’avoir deux teams bien différentes et de bien séparer ces deux mondes), c’est assez fascinant !

    J’ai écrit un article sur l’expo LV/MJ aux arts décoratifs, ici : http://lesartistesaiment.wordpress.com/

  7. Ping : Baby you can drive my car | Chic & Geek

  8. Ping : Marc Jacobs – Louis Vuitton : Black Swan Song | Chic & Geek

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