Shopping & Therapy

Carrie Bradshaw, sors de ce corps !

Replaçons-nous dans le contexte.

Mercredi dernier, premier jour des soldes d’hiver.

Je ne comprends toujours pas cet engouement pour les soldes à l’heure où des soldes flottants, des sites de ventes privées, d’autres outlet, de vraies braderies dans les showrooms et les merveilleux vide-dressing, nous permettent de faire des affaires tous les jours de l’année…

Pourtant, je reçois des mails de toutes parts et les jolies vitrines de Noël ont laissé la place à de grosses lettres ou des chiffres : -30%, jusqu’à -50%, SOLDES, … bien vulgaires.

Ok je reconnais que parfois là aussi les sirènes sont attrayantes et quand c’est Audrey Hepburn qui vous y invite, une porte est vite franchie.

Mais NON ! je ne me laisserai pas avoir. Je n’ai besoin de rien et décidé fermement de faire du vide, et de garder mon argent pour la déco (on en reparle vite).

Cependant, il semble qu’un parfum plane dans l’air, une euphorie générale, comme un gaz dangereux dont le Joker de Batman saturerait l’atmosphère…

Les badauds ont aux bras des sacs (je déteste les marques qui font des sacs spéciaux pour les soldes, c’est si sournois !) et les filles sont plus belles que jamais…

Taratata ! Je ne suis pas une fortunée de l’Upper East Side, mais une petite parisienne endettée.

Pourtant parfois, je me sens New-Yorkaise.

Par exemple ce mercredi, je suis en route pour mon rendez-vous avec Sigmund, i.e. mon psy (avoir un psy est chose commune, le mentionner carrément plus Big Apple que Rive Droite) et je vais d’un bon pas.

Soudain, mon regard croise cette affiche dans une vitrine. (Je ne dirai pas laquelle car je les boycotte depuis que la responsable est sortie m’interdire de photographier sa devanture trèèèèès méchamment)

Ça alors ! Il faut que j’en parle à Sigmund. Ça donne à réfléchir, pareille contre-vérité.

Car si pour nombre d’entre nous, l’acte d’achat peut se révéler plus efficace que le lysanxia, nous renvoyer une image positive, adoucir une journée, calmer un chagrin, soulager une peine, transformer la grisaille mélancolie en euphorie barbapapa… tout ça et plus encore. Si donc, le shopping est parfois un baume, le considérer comme une thérapie, au point de devenir shopaholic relève plutôt du pis-aller, voire carrément de la pathologie.

Tout est question de doses et il faut savoir raison garder, se rappeler qu’il y a un temps pour prendre ses aises et un temps pour prendre sur soi (ma petite Thérèse), identifier la différence entre se faire plaisir et céder à une pulsion qu’on regrettera, trier le bon grain de l’ivraie, trouver la pièce qu’on chérira, reposer… toutes les autres !

Donc les soldes, on verra à la deuxième démarque s’il reste quelque part le gilet en alpaga qui me manque tant. Pour l’instant je m’abstiens et j’investis dans le professionnalisme d’un thérapeute, raisonnable et courageuse que je suis (oui, ça demande du courage d’accepter le lâcher-prise, l’aide d’autrui. Les faibles sont bien plus souvent ceux qui, dans le déni le plus évident, pensent qu’en toutes choses ils sont assez forts pour affronter seuls les vicissitudes de l’existence et les tourments de l’âme humaine, car il est bien entendu que mes « issues » n’ont rien à voir avec la mode, mais passons).

L’affiche tombée aux oubliettes, je ressors plus légère, bien que chaudement vêtue.

Ce mercredi, Lancelot a promis de venir me retrouver en scooter au coin de la Place Vendôme rue de Castiglione, et je l’y rejoins, pressée de me coller contre lui sur la Vespa rouge.
Il a 15 minutes de retard, ou moi d’avance selon qu’on éclaire les choses sous un angle ou un autre.
Je l’attendrai donc, en musardant.

Ce n’est qu’au second message vocal et troisième SMS « Où es-tu ? » que j’entends enfin la voix de Marilyn, sonnerie de mon iPhone, et sens la vibration caractéristique dans la poche de mon perfecto.

Euh… hein ???

Le réveil est brutal : je suis chez Giuseppe Zanotti, je boite, une chaussure léopardisante de 12 cm à un pied et une botte en python compensée de l’autre côté, à la main des boots en veau velours noir talon doré, soldées. J’essaie d’interpeler un vendeur adorable au milieu d’autres névrosées qui brandissent elles aussi des modèles en criant leur pointure…

Est-il vraiment nécessaire de continuer mon histoire et m’humilier plus avant ?

Elle ressemble à la vidéo de cet article avec Fred.

Moralités ?
– Non, le shopping n’est pas moins cher que la thérapie… D’ailleurs l’un n’empêche pas l’autre.
– Je meublerai mon appartement du luxe ultime : l’espace vide (et de jolies chaussures aussi).
– Il FAUT que je parle de tout ça à Sigmund… ou peut-être pas !
– Penser à ne plus jamais oublier la règle d’or de recessionista pour éviter la tentation : porter des chaussettes trouées ou pire à motifs Hello Kitty sous ses bottes chics.

Anne

Décidément irrécupérable.

Quoique, à bien y réfléchir, ce n’est pas comme si j’avais été en train d’acheter un bonnet, pour boucher mes oreilles, m’ostraciser, cacher, camoufler, repliée sur moi-même… NON… les chaussures, c’est typique d’une volonté d’aller de l’avant, de marcher plus droit, à talons pour être plus grande donc aller plus haut. C’est très positif tout ça, finalement…

Pardon ? Qui a dit que j’étais de mauvaise foi ???

Une réflexion sur “Shopping & Therapy

  1. maisquelbeautemps dit :

    Bonjour Anne, et bonne année!!
    bon, je lis ton article et n’y vois, en toute bonne foi, ab-so-lu-ment aucune mauvaise foi : tu utilises tous les moyens à ta disposition pour être bien dans tes pompes. Voilà. Parole de Sigmundisée…
    bises

    • Ah ! Merci beaucoup.
      A la réflexion, malgré mon exemple fort mal choisi et juste parce qu’il fait froid, j’aurais bien besoin d’un bonnet également… mais je vais être raisonnable.

  2. LEs chaussettes trouées, la solution ultime. Je me suis déjà vue refuser plusieurs fois un essayage alléchant en me rappelant à la dernière minute que … non je ne pouvais pas enlever mes chaussures. ça sauve parfois. Quant à Giuseppe, ses vitrines tuent, ses chaussures aussi. Je pense être capable de grimper la façade de Notre-Dame uniquement avec les dents (sans les mains) si on gagne une paire à la fin (et une bouche en sang).
    Annnnnnnnnnnnnnnneeeeeeeeeeee. ça y’est je suis énervée.

    • Je me doutais que tu connaissais cette recette de fashion victim…
      Ça te calmerait si je t’envoyais mes boots en photo pour te les mettre aux pieds en dessin ? (elles ne sont pas dans le lookbook de la marque… étrange)
      Bisous
      Anne

  3. Anne, ton article est à la hauteur de la discussion drôle et vivante qu’on a eue ensemble sur le sujet! Tout en se promenant dans les boutiques du quartier Etienne Marcel. Finalement, je me dis, le mieux c’est de s’interroger sur les vertus de la shopthérapie devant une paire de chaussures, d’escarpins dorés, de boots en veau velours, de compensées vertigineuses. Ça n’a aucun sens dans n’importe quelle autre circonstance 😉
    gros bisous

    • J’ai tant pensé à toi en l’écrivant ! et même dans le choix des images : les deux Gossip Girls, c’est nous ce jour-là 😉 Choisis celle que tu voudras…
      Tu as raison ci-dessus…, et le mieux du mieux, c’est de faire ça à deux !!!
      1000 Bisous
      Anne

  4. Scénario catastrophe de la fille qui a eu une journée (vraiment très) éprouvante (qui du coup, se fait un scénario catastrophe toutes les trois minutes et demi) et qui est tellement stressée en ce moment que son QI se rapproche dangereusement de celui d’une poule qui aurait alzheimer (et encore, pas la poule la plus maligne du poulailler, hein!):

    Un proverbe créole dit: « Seule la chaussure sait si la chaussette a des trous »… Oui mais en pleine crise de shopping aiguë et prise d’une frénésie (+ une fâcheuse tendance à tout oublier en ce moment) qui me ferait oublier jusqu’à l’existence desdites chaussettes, le monde (bon, les shoppeuses alentour) pourrait bien découvrir un orteil fort peu mis en valeur par le vilain trou de ma chaussette.

    (Rhô, besoin d’une nouvelle paire de chaussures, moi!!! Allez hop, demain je dégote une paire de chaussettes correctes dans le panier à linge… et j’appelle ma psy… 😉

    Anne, ton article a mis un grand sourire sur mon visage (et aujourd’hui, c’était pas gagné!) Merci… 🙂

  5. Murielle dit :

    Tout ca c’est la faute à Lancelot …. il aurait dû être à l’heure !
    Et t’attendre juste devant la porte de sortie du psy…

    • A sa décharge, il m’a récupérée devant et a validé les shoes depuis le trottoir les 2 pouces levés…

  6. MrsB dit :

    La photo de la fille au milieu de ses chaussures est d’une tristesse, ça fiche le moral dans les chaussettes avec des petits trous, des petits trous, des petits trous à l’ âme qui part en confettis pour mieux briller tels les strass sur les chaussures des belles parisiennes.
    L’ avantage des sous préfectures, les boutiques sont vilaines et les chemins de traverses sont gras de boue, une bonne paire de bottes tout terrain et la folie des chaussures s’ éteint, mais celle des pulls des écharpes des jupes en tweed des vestes … c’est une autre paire de chaus’ de manche !

  7. Je suis comme Mrs B. Habitant une petite ville de province, pas de risque de dépassement de crédit CB à la vue des vitrines de ma rue…
    C’est ce que je me dis à chaque fois que je reviens de paris. J’essaye de voir le bon coté des choses, quoi…

  8. Dori dit :

    Se lever du bon pied
    ou sauter de son lit à pieds joints ?
    Être à l’aise dans ses baskets
    ou retourner fissa sous la couette ?

    L’équilibre
    de la pointe des mèches
    jusqu’au bout des orteils.
    Bon pied, bon oeil ?

    La tête à l’envers
    je marche au plafond
    les doigts en éventail.
    Vers sans pieds
    la rime sous la semelle.

    Pied-de-nez
    s’en lacer de plus belle
    des chausettes sur les oreilles.

  9. Ca faisait un petit moment que je n’etais plus venue.. j’adore ces petits billets!! Je viens de « repinner » aussi 2 photos pour mes « boards « dans Pinterests (je ne sais pas si tu connais – c’est un nouveau site ou tu peux faire des boards virtuels d’images, de citations, etc bref de tout ce qui t’inspire.. moi j’adore.. mais bref, oui, ca cite la source (donc renverra a ton site) donc je pense que tu/vous seras ok, mais sinon dis le moi!

    http://absolutelyfaaabulous.wordpress.com/

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